DEAL WITH IT

Il y a des matins je me lève avec une envie de pleurer considérable. Et l’angoisse constante d’entrer en contact avec un autre individu, de peur de voler en éclat s’il me demande mon avis sur le temps qu’il fait.
Une fragilité tellement immense que je ne peux pas vraiment sortir de chez moi.
Je reste dans mon lit et je me demande : qu’est-ce qui me rend aussi faible ?
Mon esprit malade ? Mon histoire pesante ? Mon existence sans fondation solide ? Ma Nature de Femme ?
Comme la menace d’armées sorties d’un passé proche venant fusiller sur place chacune des initiatives que je prends.
Mon rôle de femme. M’écrouler. Me rebeller. Refuser les offenses qu’on a pris l’habitude de faire aux femmes. Se battre.
Oui mais contre qui ?

CONTRE QUI DOIS-JE ME BATTRE ?
CONTRE QUI DOIS-JE ME BATTRE ?
CONTRE QUI DOIS-JE ME BATTRE ?
EST-CE QUE QUELQU’UN À UNE RÉPONSE ?

Personne n’a de réponse satisfaisante.
Parce que je ne me bats pas contre les hommes, je ne me bats pas contre les tordus, contre les psychotiques, contre les extrémistes, parce qu’il est inutile de segmenter. Segmenter c’est chercher une cible qui en cache forcément une autre.

La seule réponse que je trouve est sous mes yeux :

Je me bats contre moi-même.

Je n’ai personne à dénoncer que l’histoire écrasante d’une culture fondée sur des raisons qui ne peuvent pas être remises en question, puisqu’elles sont irréfutables, puisqu’elles ont eu lieu. Rien à dénoncer que ce que nous faisons aujourd’hui de cette culture.

On pourrait dénoncer l’omerta généralisée sur des pratiques immondes dans des milieux trop friqués, mondains et anyway vomitifs.
On pourrait dénoncer le manque de recul, les scléroses sociétales, la tension constante, l’avidité de pouvoir et le besoin de réussite à tout prix, qui laisse la place à tout et n’importe quoi.
Alors il faudrait dénoncer un groupe de personnes ?

AUTANT DIRECTEMENT ALLER PUBLIER UN NOUVEAU SUJET SUR UN FORUM : « LE COMPLOT MONDIAL DONT PERSONNE NE PARLE MAIS QUI VA VOUS RÉVÉLER TOUTE LA VÉRITÉ DE LA VIE ».

Je ne me bats contre personne, et s’il y a un combat à mener il se déroule dans l’intimité de mon esprits pour dépasser, résoudre, comprendre, pardonner, oublier ce qui m’affaibli.

Je ne le fais pas comme une femme. Je ne le fais pas parce que je suis une femme. Je ne suis pas compréhensive parce que je suis une femme.

Je suis compréhensive parce que je suis un être humain.

Je ne pardonne pas parce que je suis une femme.

Je pardonne parce que je suis un être humain.

Je pardonne les myriades de machos perclus d’idées plus merdique que la merde, pas parce que je suis une femme. Ni parce que je préfère la faiblesse de balayer de la main des centaines d’années de patriarcat.

JE PARDONNE PARCE QU’IL N’Y A RIEN DE PLUS DUR QUE DE PARDONNER.

Je pardonne parce qu’aujourd’hui, demain, et toutes les minutes qui constitueront mon existence je veux les dédier à ce qui ira mieux, qu’à ce qui va mal.
Maintenant c’est guérir, après c’est profiter de l’existence. Maintenant c’est tout le temps. Après arrive constamment. Ils ne se dissocient pas, ils sont les deux faces d’un même objet.

Ils abolissent la question d’affaiblir l’autre pour me renforcer. Ma force vient de moi-même.

Je mets avec plaisir la charrue avant les boeufs, Internet n’est pas un lieu de psychanalyse, et je sais déjà bien trop de choses que je ne souhaite pas savoir sur des personne que je ne connais pas.

Exister aux yeux de tous ne résout en rien une souffrance intérieure. La télé-réalité à produit sans doute autant de suicides que de stars = DEAL WITH IT.