J’avais 20 ans j’avais 100 ans

J’avais 20 ans, j’avais 100 ans
J’avais toujours été vieille
Comme le bois du banc qui craque
Mais qui reste toujours le même.

Que j’ai eu un oeil, ou que j’en ai deux,
J’étais aveugle et enfermée
J’étais ouverte aux quatre vents
Seul toi pouvait passer

J’étais une embrasure de porte
Les bordures d’un tableau
Quelque part j’étais morte
Mais je savais que tu es beau

J’étais une embrasure de porte
Et je te regardais passer
Mon pas à la suite
D’une armée de pensées

Tu étais magique et méchant
Parce que tu ne t’arrêtais pas
Mais j’étais toujours plus grande
Quand tu passais mon pas

T’étais méchant et magique
Parce que tu repoussais les murs
Avec ta folie tes non-sens
Tu me changeais en armure

J’étais ton futur ton avant
La liberté, ton pouvoir
Je te faisais traverser les murs
Tu me changeais en gloire

Je te protégeais de la pierre
Des coups, des effondrements
Je prenais la poussière
Tu subissais le temps

J’étais seule, c’était sans fin
Malgré tous tes voyages
Tes retours prophétiques
Je n’avais toujours pas d’âge

Tu as disparu un jour calme
Sous une chaleur écrasante
Ton corps éclatant
M’a traversé une dernière fois

Je suis devenue ton avant, ton futur,
Ma liberté mon pouvoir
Je t’ai fais traverser les murs
Tu m’as changé en gloire