Les sardines

Une boite de sardines
Remplie d’huile,
L’huile tombe
De la boite de sardines

L’huile toute douce coule
Sur le panneau de bois,
Le panneau de bois tombe
Et l’huile coule toute douce

Les gouttes glissent
Sur le plancher de la cuisine,
Certaines tombent
Et s’explosent avec grasse sur le sol

Le sol est salie,
Rempli d’huile de sardine
Un chausson tombe
Explose la grasse du sol

L’chausson s’retire,
Laisse des marques
Quand tombe les pas
L’un après l’autre

Les marques ont de belles formes
Elles s’estompent,
Plus tombe les pas
plus elles s’estompent

Elles représentent
Un éléphant
Qui tombe
Dans la savane africaine

La savane disparait
Puis la trompe de l’éléphant,
Il ne tombe plus
D’ailleurs maintenant c’est un chien

Un chien qui mange,
Un crocodile qui rote,
Un ourson qui tombe amoureux,
Une tête de linote

Puis plus rien
Les marques
Tombent dans l’oubli
Dans les yeux des sardines

En ombre blanche

J’ai l’crâne circulaire
Brumeux
Comme l’horizon
Qui sniffe d’la poudre à canon

Y’a un camion sur mon périph’
Qui cogne comme un nerf a vif
Il mâche un sédatif
Et roule des R à 200

Une sale crotte de merde sur l’crâne
Comme Stalingrad
Sous 34 degrés
Centigrade

L’épée de Damoclès
En grosse caisse
Interieur cuir, rolex
Et salope du cashemir

Les nuits de mon front
Comme des betteraves germées
Une porte fermée
Sur l’immensité

Le froid de Pologne
Dans des artères inexpliquées
Vient à piqué
Les yeux de mes p’tits fantômes

Puis en ombre blanche
Je vois des branches
Mal baisées
Par des chimpanzés blonds

Une question à résultat
Pour être positif
Quitte à pas être égale
Entre le Vatican et le Sénégal

La pluie ronge les réverbères
Comme le coton les points noirs
A plus en boire
J’ai vus m’pousser des poires

Des espoirs à l’eau de vie
Qui brûle comme l’destop
J’me destoque
Pour r’construire à Pataya

Une caillera en bottine
Rare comme d’la zibeline
Qui court
Au cou des filles d’amour
D’une nuit d’un coup d’un jour

Je raconte des bras poilus
Dans un métro de voiture
Un tonneau de mercure
En équilibre sur la main d’un salut

Une grenade juteuse
Dans les jambes d’un enfant
Mort de naissance
D’vant l’assistance publique

Sa mère en rosbeef
Dans un papier d’encre
Et je chouine
Comme un sale sample de Gershwin

Un bon champagne sans bulle
Une pipe sans dent
Une patate sans gant
Et une trique de keuf

Une grande invention
Sans inventeur
Une équation en aveugle vision
Pour gonfler l’posterieur

En panne d’essence
Comme le bénin
J’ai l’béguin
J’ai la tête vissée sur l’espérance

J’suis pas niais
Je // suis // nié //
Car j’crache à la geule
Des mecs sur les billets

J’investie la nuit, son turf
Comme une goutte d’encre à la mer
Et les vagues
Font des surfs

Je vois des girafes naines
Dans les coins de ma chambre
Avec des yeux sans peine
Elles mastiquent de la viande

Vouloir la normalité
Là est l’anormalité
Normaliser
Du formole dans les alizés

Un pétale de plus

Regarde comme les fleurs chantent
Des complaintes toxiques
Finissent occies
En poudre d’hostie

Ou en pot à l’hosto
Entre deux fauteuils
Avec vue sur le sang
Et l’deuil

Un bouquet pour un nouveau-né
Une couronne payée sur 80 piges
Si t’es riche
Avec d’la bonne monnaie

Tu nais-co du haut de ton cerveau
Les idoles
Qui farandolent
Dans la tête des môme en hors contrôle

15 braquages à 15 ans
Un par printemps
Pour l’principe
Il lui manque d’jà des dents

C’est carême dans la tête des jeunes
Z’on pas fait d’la bibli un coupe-gorge
Mais un désert
Cache misère de poussière

Y’a plus d’bandana sur les crapules
Aujourd’hui ça tape en casquette rose
Quelques pétales de plus
Pour ma poésie d’béton

Recherche identitaire

Si j’étais un lapin
J’serais celui de PlayBoy
Si j’étais un coyote
J’serais un cowboy

Si j’étais une ville
J’serais la campagne
Si j’étais une geule de bois
J’serais au champagne

Si j’étais un canard
J’serais à l’orange
Si j’étais un jambon
J’serais du Madrange

Si j’étais un super-héros
J’serais Méloman
Si j’étais une pièce
J’serais un hammam

Si j’étais un serpent
J’serais ma queue
Si j’étais un barbu
J’serais l’bon dieu

Si j’étais une drogue
J’serais d’l’opium
Si j’étais un peuple
1789

Si j’étais un gâteau
J’serais un Pim’s
Si j’étais un manteau
J’serais en peau de salaud

Si j’étais un tatouage
J’serais mort au vache
Si j’étais un pharaon
J’serais Toutenkarton

Si j’étais une peinture
J’serais une facade
Si j’étais la culture
J’serais bien péteux

Si j’étais un silence
Je le briserais
Si j’étais pas moi
J’me mépriserais

Si j’étais un rapeur
J’serais un moulinex
Si j’étais un briquet
J’m’appellerais Bout d’Silex

Si j’étais un boxer
J’serais Tyson
Si j’étais un aspirateur
J’serais Dyson

Si j’étais une ligne
J’serais la ligne C
Si j’étais pute
J’serais Beyoncé

Si j’étais un jouet
J’serais à ta grand-mère
Si j’étais une bouée
Je serais crevé

Si j’étais une cruche
Je serais à la télé
Et si j’étais une bûche
J’ferais du saut à ski sur la gueule d’un C.R.S.