A.G.

allen_naked

Allen Ginsberg/Le sentiment absolu de devoir faire voler en éclat la structure pesante de l’existence/
Déchirer devant le souvenir de la parfaite étendue de l’océan/
Rien ne sera plus jamais pareil/
Je ne comprends rien à mes contemporains/La chose actuelle/
Mes capacités commerciales sont plus pauvres que mon pouvoir de télépathie/
Un poème peut-il mourir ?/Conflit total entre espoir aveugle et résignation suicidaire/
Fracture abstraite de mon plexus/Violence du goût du sang/Une trace, un filet, une ligne, une direction/
Je n’ai pas de route/Peut-être parce que je ne l’ai jamais prise/
Les voix du Seigneur sont impénétrables/Amalgame confus entre le Seigneur et la Création/
Je ne peux m’empêcher de penser qu’ils sont une seule et même chose/
Je n’ai pas besoin de croire en moi/Je crois en Dieu depuis ma naissance/
Handicap relatif au manque de matérialisme de mon éducation sur-intellectualisée/
Besoin de rien envie de…/Fracas absurde entre la réalité et ma réflexion/
Le rire est une solution temporaire/Une expression fragmentaire de l’inné et de l’acquis/
Les couleurs sont plus solides que mes mots/Il n’existe rien de plus flexible et de plus puissant qu’une couleur/
Je n’ai aucune vérité/Elle se trouve dans la lumière qui réfléchit les choses/
L’espace est en dehors de ma mesure/Les distances parcourues par les rayons me reviennent trop lentement/
Je déplore ma très mauvaise vue/La lenteur de mes déplacements/Je suis une contradiction dans mon époque/
Le temps est un outils/J’ai pourtant toujours été très manuelle/
Je ne me résigne pas/Mais j’oublie vite/Mon vieillissement n’arrive jamais/Eternel stupide/
Impression que je vivrais 120 ans/Mais que j’en aurais véritablement 90/30 ans de retard/
L’année prochaine j’ai 30 ans/Je nais l’année prochaine.

1,6m2 de peau

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Lavague2

J’ai en moi des vagues et des scènes de théâtre,
Des souvenirs comme tout le monde,
Des couleurs qui sonnent cartable,
33 vertèbres, 1,6 mètre carré de peau
Un foi, autant de cerveau.
Un coeur, deux tendons d’Achille,
Un atelier de création
Dans le fond de ma poche gauche,
Un prénom qui se coupe en deux
En fille, en garçon
Un nom de famille qui me tiens chaud
Parce qu’il sent le gaz comme disait un pote,
Des tabous qui finissent en maladies
Des aigreurs d’estomac,
Des paquets de cigarettes blondes
Et mes cheveux noirs.
Je perds mes élastiques,
Mes cadeaux les plus chers,
Mes écharpes, ma jeunesse,
Mes souvenirs, mon innocence.
Je perds du temps,
Et de l’amour par la même,
Et souvent
Je perds aussi mes poèmes.
Mon stylo ne sauvegarde plus ma mémoire
Le Doliprane non plus.
On s’est offert des bouquets de fleurs
En guise de ferme ta gueule.
Des murs de cicatrices
Des croûtes qui s’empilent
Sous les peintures à l’huile.
Je me souviens du coup de foudre raté
Entre un éclair de quiétude et le reste de ma vie
Et puis le béton qui arrive qui tombe qui coule
Comme les grandes responsabilités…
Les grandes responsabilités.
Alors je suis partie voir l’océan,
La mer, les plages mortes,
Les messages dans les bouteilles
Et la mort dans ces poèmes.
J’ai peins sur la soie avec de l’eau
La blancheur de mes angoisses
Le vide qu’il y a en moi
La fatigue qui me terrasse.
J’ai peins du PH neutre, l’odeur l’air,
L’intérieur de la façade,
La fenêtre qui donne sur le sous-sol
Et un couché de soleil matinal.
Et puis j’ai regardé
Mon absence foisonnante
Mourir sur le sable
Exactement là où la mer se termine,
Juste au bout de la vague.

Je suis rentré chez moi
À l’époque ou fleurissent les cerisiers
Ca sentait la glycine, le bois,
Le bitume, les frites, les voitures cassées.
J’ai attendu la mousson
De revoir l’océan
De quitter le mouvement
Et les barreaux de sa prison
En attendant…
On s’est pavané sous les UV
Avant que ça devienne des obus.
J’ai rien vu
Dans la transparence du miroir,
Dans nos regards opaques,
Et j’ai enterré ma grand-mère
Sous un putain de soleil.
Aujourd’hui
Je suis toujours enfermé
Dans ce que je compte pas,
Dans ce que je perds,
Dans le temps
Qui passe trop vite et trop lentement.
Dans la douleur en fusion
Dans le réacteur nucléaire
Qui trône au fond de la faille
Qui s’cachait au fond d’la mer.
Aujourd’hui
Je suis toujours enfermé
Dans le grand balais de la société
Entre mensonges, sourire et magasines pour les gonzesses
Qui t’explique la vérité mondiale
Entre deux paires de fesses…
Alors voici les fleurs, l’eau, la soie,
Le tombeau, la boussole,
L’autre monde, le miroir, le passage,
Le sens de la vie,
Le sens des aiguilles.
33 vertèbres, 1,6 mètre carré de peau
Les vagues, les scènes de théâtre
Un pont entre deux rives
Un foie, autant de cerveau.
Et puis une horloge sans réglage
Qui indique sans cesse
La saison de la moisson de mes espoirs.

Colonne de vertige

Tu m’inspires des élans de cristal
Habillés de cris bestiales,
Les fragilités invisibles
Des captures d’objectifs.
Dans un pli de ta robe
J’ai trouvé de la drogue
Un shilom d’étain éteint
Et des cendres froides.
Tu riais facilement
Des facéties des hommes
Et tu te plaçais simplement
Tout en haut du trône.

Et tu avais cent fois raison
Parce que tu étais belle
Colonne de vertige
Incendie d’une ombre

Tu brûlais l’atmosphère
J’ai découvert le froid
Je soufre ton odeur,
Les fleurs sont mortes hier.
Peu importe ta couleur
Tu portais des arc-en-ciel
Des poches kangourous percées
De lait, de sucre et de miel…
Ma chérie, mais où es-tu ?
Dans une galère romaine ?
Je vois ton dos suant
Le fouet qui te lacère…
Pardon… je perds le nord
Le goût, le temps, ma tête !
Tu dois dormir comme un chat
Si furieuse et superbe.

Et tu as cent fois raison
Parce que tu es belle
Colonne de vertige
Incendie d’une ombre

J’amplifie le silence
Pour y retrouver les sons
Que tu as laissé dans les sols
Des murs blancs de ma maison
Ta voix grave et les bémols
Que tu faisais flotter
Sont restés mutiques…
Non tu n’es plus la.

Dans l’argile de ton masque
Il y a les traces de tes pensées
Aujourd’hui je le relis
En lumière dégradée…
Si j’avais su j’aurais collé
Des pages et des pages d’idéogrammes
Des messages subliminales
Des gravures de peau tannées.
Tu mangeais une glace,
Et moi je fondais
Une goutte est tombée sur ta cuisse
Je ne l’ai jamais touchée.

Je perdais l’esprit volage
Je me cherchais des chaînes.
Le cadenas est ouvert
J’attends que tu le fermes.

J’ai l’air stable

Poème d’été (malgré tout) –

Je garde
L’air stable
Avec mon menu 0%
De matière grasse,
La mine fraîche
Comme un matin de bonheur
Tatouer au blush 4ever

Je garde
L’air stable
A vouloir avoir les joues creuses
Mon petit style cockaïnoman/
Guitariste/hardeuse

Je garde
L’air stable
Avec mes comprimés organique
Pour évacuer la cellulite
Mes collants en machin truc …thylène
Qui me donne
L’air hyper bonne

Je suis bien en équilibre
Dans ma ligne
Sur ma silhouette
Dans ma tête

Je garde
L’air hyper saine
Avec mes compensés nutritionnels
Mes repas disproportionnels,
Le sport pour le cul,
Et deux cours de pole dance
Par semaine.
J’m’en tape des barres.

Et puis William, il a dit :
« Maintenant c’est la gaine »
Ok William !
Pas de problème !

Engainer quelques kilos,
Enchainer mes conneries
Engraisser des entreprises
De poudre aux yeux !
A moins que ce soit moi
Qui prenne du poids…
Vas-y passe mon verre de weight watchers
J’ai comme un petit creux d’estomac.

Et puis je garde
L’air hyper stable
A me tricoter des pulls trop petits
En gardant le sourire
En me brossant les dents
À l’email diamant

Des rubis dans la bouche
Pour faire les beaux discours de l’amour
En robe de soie lamée
Larmée, l’armée, l’âme, lame
Putain que des choses hyper équilibrées

Comme les haricots verts,
Ou non les brocolis
Tiens un chou-fleur
Le complément idéal
Pour se sentir en harmonie.
La composition du menu
Commençait avec
Ouais salut, moi tout va bien !
T’as vus, trop belle ma vie de femme !
Trop génial, formidable.

J’ai écris dans mon journal :
Cher maman,
Tout va bien,
Je suis en excellente santé
D’ailleurs je vais de mieux en mieux.
Et toi ? Comment ça va ?
J’espère que tu vas mieux qu’hier,
Et que tu iras mieux demain.
Mais c’est sans doute l’inverse.

Alors je garde
L’air hyper stable
A courir après mes utopies
En 14 centimètres
Jouir du corps des autres qui jouissent du sien
Etre presque plus rien

Un litre de caféine pure
En intraveineuse
Et tenir jusqu’au petit jour
La charge de ces nuits douloureuses

Je garde
L’air hyper stable
A fumer des cigarettes
Pour mon teint blême
Pour l’haleine, pour ma peine
C’est sept calories de moins
A chaque bouffée
J’vais me bouffer les os
Qui se rapprochent de ma peau

Les valises sous mes yeux
Les cernes et la graisse
J’encaisse,
L’air de rien, l’air très sain,
Les pots d’échappements
Mon moteur en roue libre
Pour purger l’excédent.
Pour perdre l’équilibre.

3 jours comme 3 mois

3 jours comme 3 mois
Passé avec la charge insoutenable
De la chaîne du hasard
Enroulée entre les pieds
Je suis rentré hier
Avec tous mes bagages
Pourris d’eau et de terre.
Les nuages étaient lourds
Et l’air humide
Son visage de porcelaine
Et moi qui rumine
Sur ses jambes, ses yeux bleus
La hauteur de ses gestes,
La voix dans sa bouche
Et sa langue dans ma langue
C’est la langue de ses mots

La photo d’un instant
L’ombre de ses bras,
Et moi assise sur un banc
Qui murmure tout bas :
Tu es belle, tu es belle
Tu es toute en porcelaine,
Et quand tu remue tes lèvres
Elles dessinent des ondes naturelles.
Si fine, une minute,
Qui sautille dans ma tête
Du souvenir nostalgique
De la hauteur de tes gestes
Les diamants sur tes doigts
Qui s’écroule dans l’eau
Demain je ne pars pas
Je me noie dans ta peau !
Tu m’as confié les guerres
Entre ton silence et l’espace
Les frontières des sens
Et les murs éclatent
Le bloc du passé
L’empire de l’histoire
Qui émaille tes songes
De millier de miroirs
Dans la glace tes joues rouges,
Apaise la claque du froid,
Je cherche partout
La brûlure de ton souffle,
La chaleur compacte
Que tu transportes
Tout autour de ton corps.
Gifler par la neige, les flocons
Ils entaillent ma vapeur
Qui voudrait t’envelopper
De toute sa pudeur
Tu parsèmes mes désirs
De tes sourires qui me coupe
Ta coupe débordante qui me siffle
Que je devrais relâcher mon âme
Que je devrais voir plus haut
Entre l’amour et mon corps
Que ce qu’il y a de plus beau
Ne se trouve pas en dehors
J’voudrais juste autrement ajusté
Le penchant de mes côtes
Que j’les ouvrent et que tu y lises
Nos souvenirs écris
En caractères hiéroglyphes
Que t’entendes la symphonie impalpable
Des rayons lumineux
Qui jaillissent en silence
Quand j’essaye
D’oublier tes yeux (bleus)
Des fois je sais qu’à moi seule
J’ébranlerais la terre,
J’exploserais des montagnes
J’avalerais des soleils
J’ferais des drapés d’étoiles
Dans un putain de ciel de cristal
Avec la soie des premiers jours
Et la douceur du voile d’or blanc
Mais l’essence de tes rires
Est aussi pur que ton rire que j’entends

J’avais tout perdu,
Mes valises, mes bracelets,
Ma brosse à dent, mes chaussettes,
Et mon dernier phare qui brillait
Dans l’océan anthropophage
De ma grande inquiétude
Il m’avait semblé tout cassé
Après t’avoir vu.
En fait je n’avais rien perdu
Quand je suis rentré hier
Chez moi, j’avais tous mes bagages
Juste… trempés d’encre, de vent,
De ta peau, de tes regards,
Et quelque part l’arrière-goût
Electrique et moelleux
Du choc extatique d’avoir croisé tes yeux.

Je suis le poux

Dans l’absolu de ce matin
L’café soluble n’a pas bon goût
Reprends l’envers et beurre le pain
De l’univers je suis le poux

Il est des droits disons divins
Les gros nichons d’une vache maigre
Un marmiton à quatre mains
De l’au-delà en boule de neige

Les chiens rageux et sans collier
On faim de tout et maintenant
Du canigou en petits dés
Le doigt de Dieu entre les dents

Ils pointent au pif n’importe quoi
Sur l’innocent en quarantaine
Ils tirent ses tifs et crie de joie
Ils boivent son sang rempli de peine

Des bains de sable
Pour nettoyer
Au banc d’l’école
Pour mieux comprendre
Qu’les Caraïbes
Se sont noyés
Vapeur de rhum
Sur tas de cendres

Et les relents du fond de l’âme
Qui sentent la mort et le désordre
Dans l’coeur des gens il y a des ânes
Un météore est une licorne

Aérogare sans ses avions
Place des perdus pour retrouver
Un autocar en bas d’nylon
Et un merlu envisoné

Ils font du pied en escarpin
Aux maladresses du courage
Des grands sentiers en peau d’sapin
A toute vitesse dans l’pâturage

L’bruit des moteurs circulent litré
De la chimie dans une formule
De la torpeur dans les cyprès
En alchimie ca pompe les bulles

Ces putes amorphes
Si confortable
Gagne le vide
Pour des zéros
A coup de Porsches
Décapotables
Et de liquide
En litres d’héro

L’état livide d’un mort-vivant
Sur l’toit du monde en pleine monté
Les joies acides sur le divan
Le soleil gronde sur la santé

Les nuages pleurent sur la Tamise
Des gouttes dorées pleine de saveur
Pétales de fleurs et friandises
Du barbelé autour du coeur

Dans l’absolu de ce matin
L’café soluble n’a pas bon goût
Reprends l’envers et beurre le pain
De l’univers je suis le poux

Cygne

Les cygnes noirs volent ensemble
Dans le coin des rues allumées
Ce n’est qu’un objectif à court terme pour la plupart des cygnes
Parce que la plupart des cygnes
Préfèrent étendre leurs ailes et planer sur de plus grandes choses
C’est ce que j’appelle le vol inspiré

Ma gueule vaut mille mots quand elle est fermée au fer rouge
J’ai besoin de la paix, pour guérir les blessures d’mes tissus adipeux,
Et obtenir,
Obtenir des ailes

Connard
Je suis une cygne
Avec un kick dans la poitrine
Qui bat à l’opposé de la droite
Fais-moi savoir quand la guerre recommencera
J’me suis laissé une minute de souffle
Dans une capsule glaciale

J’ai des mots chiffons, riches à en casser les os
Cruels comme l’assassinat d’un cygne avec des pierres
Les pélicans eux survivent
Avec des mâchoires larges qui happent les têtes de poisson
Sur des plages fertiles
Là où certains diététiciens les trouveraient squelettiques

Combien ont inventer la merde verrouillée en coquilles d’oxygène,
Choisis un tir pulmonaire sur métal plaqué,
Animés des fenêtres folles avec des feux d’artifice,
Ecoutés chiens et chats causer de fables cellulaires

Les arrêts sur image des chaînes dorées
Où l’on assassine le Fils de Dieu toutes les secondes
Des joyaux d’Iceberg brillent sur le cou des cygnes
Ces cous qui fument Ganesh au travers des poumons de mes chameaux d’Arabie

Balancer les bras de fer métallique
Au bout d’une paume en peau de léopard
Des doigts Paranoid cousus à l’angoisse moite
Un chat qui mange du bœuf cru avale d’horribles cris de douleur
Cale un fusils de chasse au travers de sa bouche et tire la langue
Un chat qui passe de lourds traits au travers de sa narine droite
Son cerveau grésille
Fatigué de la sécurité social, qui remplie sa limonade avec de la Novocaïn
Et laisse la pression de l’oxygène filer en courant d’air
Le flux de la belette
Avec un coeur plein de diesel
Piégé dans le désert
Perdu au-delà des régions de la logique et de la raison,
Etre juste
Ne sois pas si obéissant aux lois et leurs limites

Bâtard


Quand la douleur tue la vie
Et que le plaisir aime le souffle
Dans une époque sans ordre
Le chaos est évident
C’est pour ça que je suis né
Pour reconnaître la beauté des pépins d’une pomme
Et apprendre les combats d’une âme qui boite
Je suis prévenu
Juste pour me prémunir
Ma productivité est en hausse ce mois-ci,
Mais j’ai perdu ma passion
Elle a la mauvaise santé de la tristesse industrielle
Laissez donc tranquille ma mécanique
Que je règle mes pensées
Maintenant que ma vie est complète
Avec une capacité à pousser les manettes de la grandeur
J’exfolie mes rêves avec l’acide de mon estomac
Et je les vomis
Je pourrais vous raconter quelque chose qui va changer votre mort
Mais non, je crache des cristaux qui divisent les formes en mathématiques
Le ciel est la limite, ami
Reste là, alimente ta vision
Visualise juste le corps
Perds le sens des chiffres
Change l’esprit en sagesse
Perdu dans cette population
T’es juste un autre visage
En face des stéréotypes et de la haine
Pose toi des questions, invente les réponses
Qu’est-ce que tu es ? Un clown ?
Qu’est ce que tu veux ? Un clown ?
Tu veux voir un gamin se faire tirer dessus ?
Pointe un pistolet sur mon visage si ça peut t’aider
A obtenir un peu de respect
Dans l’ensemble, je suis protégé d’amour
Je le vois marmonner, haussant les épaules
En cette seconde exacte je l’entends
«L’homme, est notre salut. »
Tu doutes? Vas te faire enculer.
C’est notre salut. »
Certains soirs j’ai trop bu
C’est là que je manque de sentiments
Des maux de tête sans fin
Le plafond éclaté qui fait résonner l’histoire d’un alcoolique qui sanglote
Je vois ma vie dans son cycle fumer les étapes
A travers les descriptions de la nature
J’ai des jugements malades
Qui se reproduisent avec des instincts gâtés
L’esprit dans un autre univers
Alors que mon corps est coincé ici
Dans les dédales du centre-ville
Détendu sur les rues où les femmes se gaspillent
Ma vie est une oasis, hors de cette surface pour revenir à ma nature
La vie quotidienne, qui court dans les labyrinthes
Mais je suis resté patient, en regardant chaque mouvement que la jungle faisait
L’enfer a connu des changements,
Des émotions,
Des pensées
Soulagé, libéré sur des plages blanches
Il me rappelle
Que n’importe quelle naïve qui se respecte
Peut engloutir bite levrette et foutre
D’une voix, d’une dimension, à l’état de mort
Sans aucune lueur d’étoile
Dans la morosité des discussions superposées
Il me rappelle
Que si les consommateurs cesse d’exister
Et que nous oublions comment utiliser les mots
Il nous restera juste à nous manger les uns les autres
Jusqu’à ce la fin arrive
Certains d’entre nous s’extasy, se cocaïne
Pour passer une douleur qui n’existe pas
Juste ici pris au piège dans la boîte
En direct et bien orchestré.

La forêt dans la chevelure

Il démêle lentement
Mes longs cheveux
De crin, de paille puis de soie,
S’écoule le long de mon dos
Les restes de la crème
S’écoule le long de ses mains
Les restes de mes problèmes,
Qui s’échoue doucement en gouttes
Dans l’eau devenue trouble,
Nous nageons dans les soucis
Réduit à si peu
De mes cheveux.
Les noeuds défais par ses soins
Se tordent sous la douceur
De la crème et du peigne
Chevelure criante
Affreux noeuds d’hystérie
Finissent par abdiquer
Et retourne au paradis
Au paradis des soucis
Au paradis des problèmes
Mort de la main de celui qu’on aime.
Il démêle lentement
Mes longs cheveux
D’ébène, de chêne puis de glaise
Qui s’enroulent avec langueur
Aux doigts qui les apaisent.
Les malaises mis à mal,
Tombe dans l’eau en goutte
Si lourdes, comme en pierre en opal
Et nous nageons en eau trouble.
Allégée des cent soucis
Qui s’emmêlaient sur la tête
Adieu… Adieu les problèmes.
Sculpté dans la souplesse,
Leur plastic arrogant
Se tait sous les assaults
Du silence de l’argile;
Et deux mèches assoupies
Se prennent pour des sirènes
Sur la plage de mes épaules
Dénudées de leurs carcans.
Dénués de leur peine
Nudistes ingénus placides,
Mes cheveux s’affichent
Dans leur plus simple appareil.

Every day the same shit (tous les jours la même merde)

La rentrée, l’automne, le froid qui vient,
Qui s’en va… et qui revient.
Des idées, des envies nageant dans l’inconnu,
Un grand néant géant
Aux formes floues.
Saisir des instants
Qu’on rend pas trop précieux
Pour ne pas avoir peur de les perdre.
Egréner les pages web
Un peu comme secouer de la merde
Observer l’étalage de la solitude mondiale
Sur des blogs à fort potentiel fécal
Comme ici, comme partout,
Les yeux bandés,
Les yeux qui bandent mous
Devant les banalités des autres que je vomis,
Et celles que je produis.
Alors le plus souvent, j’attends.
Tu voudrais tracer avec violence
Les contours du présent,
Déchirer, marteler au couteau.
Mais tu sais bien
Que ça ne sert à rien,
Toutes les réponses sont déjà là,
A l’intérieur,
Même pas cachées juste inaccessibles,
Parce que la raison place toujours trop loin
Ce qui se dit ailleurs qu’en son sein…
Les choix s’imposent trop fort,
Ils tombent comme des oiseaux morts
En travers
De la route si petite
Que tu ne peux pas les éviter.
Avec le temps la route se resserre
De plus en plus,
Et il faudrait faire comme si on était très très libre,
Avec plein de place autour de soi,
Pour bouger, pour se mouvoir,
Pour être heureux,
Faire ce qu’on veut.
Connaître le chemin,
Regarder droit devant soi
Pour se bâtir
Un bel avenir
Une belle carrière,
Forger avec les restes flamboyants
Du passé offert
Sur un plateau d’argent.
Les blessures, les contusions,
Les refus, les déceptions,
Vouloir et pouvoir mais ne pas y arriver.
Pourquoi ?
C’est le cul débordé par les nouilles,
La chance qui se retourne
C’est la connerie de la douleur,
A croire que ça rend bête de souffrir.
Il faudrait se mettre à poil au milieu de la place publique,
Pour obtenir un peu d’intérêt,
Un peu de respect.
Mais non toi tu tailles en secret
Des diamants plus pur
Encore que l’esprit de la Nature… = « Alors là tu rêves ! »
—> Rêver à des jours meilleurs,
Au passades glorieuses d’une existence chaotique.
Je cherche la logique, les plans de construction
« Excusez- moi,
Est-ce que je peux savoir pourquoi on a foutu la salle de bain au milieu du salon ? »
Monter, casser, remonter des murs,
Mettre le lavabo au centre de la maison
Pour bien montrer à tout le monde
Que tu te laves soigneusement les dents.
Aujourd’hui j’ai des tonnes de bombes atomiques,
Du dentifrice et des brosses à dents pour cent ans,
Les plans foireux de l’architecture de la vie,
Et les mêmes phobies qui se répètent éternellement.
« Bonjour, tu es retourné 8 mois en arrière. »
Les mêmes mains, la même idée,
Le même poème.
Dans ma tête ça tourne en rond
Et aujourd’hui ça me fait un peu peur,
Je suis pas prête pour l’écran bleu
Ni pour rencontrer ma dernière erreur.
Et aujourd’hui j’ai bien compté
J’en ai 403 au compteur.