DIY Fine Art / Tuto magic pour faire de l’art à la maison

Bonjour. Aujourd’hui, nous allons faire de l’art.

Le problème de l’art c’est que très souvent c’est cher, voir très cher. Personnellement je n’ai pas de compte en Suisse qui me permette de temps en temps une petite folie chez Sotheby’s. Donc que fais-je si j’ai quand même envie d’avoir de belles choses ? J’évite de me prendre pour Michelange en faisant un tuto pâte à sel. Ainsi, ayant une obsession personnelle autour du scotch mais attention pas le scotch pourri en petit rouleau transparent, non le vrai scotch en PVC souple et malléable, j’ai souvent besoin de scotcher des trucs. J’ai donc eu l’idée de fusionner mon obsession du scotch/avec mes pulsions de faire des folies chez Sotheby’s/avec une après-midi où j’avais rien à branler.
//ATTENTION CECI N’EST PAS UNE ACTIVITÉ DE COUPLE, GROS RISQUE D’EMBROUILLE POTENTIELLE//
Je me suis donc dis tiens et si je faisais un tableau avec du scotch ! Saugrenu, certes. Bon là sur le choix du tableau disons que ça a pas été très long. J’ai d’abord pensé faire un Picasso pas trop compliqué (LOL) puis finalement je me suis dis que c’était UN PEU prétentieux de ma part donc je me suis rabattue sur un Mondrian vachement simple (RE-LOL).

Here comes the Sun.

Donc sérieusement pour faire un vrai Mondrian à la maison il faut :
– Environ 3/4 rouleaux de scotch Tesa noir type isolant électrique
– Environ 2 rouleaux du même scotch en rouge
– Environ 2 rouleaux toujours idem en bleu
– Environ 2/3 rouleaux de jaune
– Une paire de ciseaux (les miennes sont massives, parce que je vois tout en grand, tu peux en prendre des petits)
– Une régle
– Un mètre de couture
– Un stylo effaçable à l’eau ou un crayon à papier
– Une calculette si t’aime pas le calcul mental
– Une version imprimé papier du tableau.

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Donc ce qu’on va faire c’est ça :

Mondrian, Tableau 11 1921-5

Easy, des carrés et des lignes perpendiculaires. En fait pas trop. Avant de passer à la réalisation il faut faire une chose importante c’est préparer ton plan. Donc là tu vas prendre ta petite règle et mesurer l’INTÉRIEUR des carrés (donc sans les lignes noires). J’ai décidé de pas m’amuser à calculer la proportion des lignes noires, qu’il aurait ensuite fallut que je calcule par rapport à la largeur de mon scotch. A mes yeux l’important est que la proportion des carrés soit respectée. Ce qui m’a amené à ça (mon plan avec toutes les mesures intérieures des carrés+plus la longueur de quelques lignes) :

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Le plan se lit de droite à gauche.

Perso j’ai pris les mesures et j’ai tout multiplié par 4, ce qui fait un scotchage d’environ 1 mètre sur 80 cm. J’ai aussi mesuré les bandes noires les plus longues, afin de pouvoir poser la base de la structure du tableau, notamment 1, 2, 3 et 4. Au moment de les couper et de les poser, j’ai pas fait les bandes d’un coup je les ai fait en deux parties égales, BEAUCOUP plus facile à manipuler. Et un conseil important avec le barnier c’est de ne pas tirer dessus, il est à la fois souple et élastique donc pour obtenir un résultat optimale il faut y’aller mollo.

Pour commencer, accrocher le mètre mesureur au mur juste à côté de là où on va scotcher va permettre de mesurer les premières bandes de scotch et par exemple de vérifier si la bande est droite par rapport à une arrête de mur.

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Et là c’est le grand saut.

*

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Sublime et énigmatique voici 1, 3 et 4.

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On continu tout doucement et voici 2 plus quelques autres bandes. Je mets cette photo parce que ça permet d’illustrer une erreur à ne pas faire, c’est-à-dire de placer la bande horizontale tout en haut. Le MIEUX c’est de commencer par le bas et la gauche puis de monter en allant vers la droite. Ça laisse le champ ouvert et permet d’ajuster très facilement en cas d’erreur, avec la bande du haut tu es bloqué et si t’as couillé quelque part tu l’as dans le baba comme aurait dit ma grand-mère.

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Le second truc très important c’est de ne pas trop s’attacher à la longueur des bandes. Une fois les bandes essentielles posées, le plus fundamental c’est de respecter la taille des carrés. Par exemple ici j’ai fais deux points sur le côté gauche de la bande verticale et deux points tout à gauche de l’image, ça m’a permis de savoir exactement où poser la bande horizontale. Il faut commencer par un carré dont il y a déjà un angle, ensuite mesurer en hauteur puis en largeur et trouver le point d’intersection. T’as plus qu’à poser ça genre easy.

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Et voilà en gros le quadrillage une fois toutes les bandes noires posées ! Comme on le voit, malgré toute ma prudence, tout n’est pas absolument parfait nickel mais c’est aussi ça que j’apprécie avec ce scotch. Il y a quelque chose de souple dans la façon dont les lignes ne sont pas parfaitement droites que j’aime beaucoup, c’est très géométrique mais plus vivant.

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Ensuite on passe à la phase de remplissage qui est ma foi beaucoup plus reloud mais tellement satisfaisante. Donc en fonction de la forme (carré, rectangulaire horizontale ou verticale) j’ai placé mes bandes de remplissage de haut en bas ou de droite à gauche. Là le rectangle bleu est horizontale donc je remplis à l’horizontale. Pour cela il faut simplement décoller les côtés noirs droit et gauche pour de l’horizontale ou les côtés bas et haut pour du verticale. Ensuite en rabattant les bandes noires tu masques et tu obtiens un truc nickel. (NOTE que ma manucure insensée est parfaitement alignée avec la bande que je suis en train de tirer. Sachant que ce n’était pas fait exprès je me jouis dessus.)

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Exemple de résultat parfait. ahah.

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Prenant ton mal en patience, tu continus à boucher les trous.
Et là tu vas te dire que j’ai un petit souci, mais. Depuis le départ je checkais le rendu vu de loin toujours du même point, c’est à dire en prenant deux mètres de recul du tableau en ligne droite. Et puis je suis allé prendre un peu de shnouff à bouffer et en revenant dans le salon je me suis rendu compte que vu du reste de la pièce, c’était vraiment pas du tout aussi cool. Sur la photo ça à l’air pas mal mais en réalité ça créait un déséquilibre sur tout l’espace mural. LOL.
Du coup j’ai recommencé sur un autre mur. LOL.
Je t’épargne les photos de la deuxième session qui sont identiques à la première.
Quoi qu’il en soit le résultat final donne ça :

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Merveilleux n’est-ce pas ? J’apprécie les deux tuyaux le long du scotchage ça géométrise grave.

*

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Mon chat, ma benz

J’ai jamais eu d’animal domestique
À part une chat de-blon
Quand je la regarde
Je me dis mais ou va le de-mon ?
Ouais ouais bébé
Mon chat c’est un chat de compèt’
Mon chat ?
Elle est carré sur le groove
Elle ondule comme une louve
Et autour de tes jambes elle s’enroule
Les yeux verts et les cheveux blonds
Mon chat c’est une be-bom
Elle s’immisce
Tes oilp qui frémissent
Avec son style lisse
Elle glisse…
Du canapé au fauteuil
Du fauteuil à un lit
Elle est partout
Elle fait miaou-miaou
Roudoudou
Elle te met à bout
Si jamais tu joue
Avec elle
Fais gaffe tu t’y brulera les ailes
Elle est capricieuse
Et charismatique
Elle fait que des envieuse
Dans le tierquar c’est clair
C’est la gyal de personne
Parce qu’elle est trop bonne
Et clash toutes les connes
Qui voudrait la tester
Elle est OP bébé.
Elle sait ce qu’elle veut
Et comment l’avoir
Et détourne tous les regards,
Elle a des étincelles
Au bout des griffes
Qui t’assassine de plaisir
Et tu t’enflamme
Si tu prends pas garde
Elle est féline et câline
Elle te rend fêlé et crétin
Si tu croise un jour
La route de son destin
C’est la bête de tous les bandits
Avant c’était le chat de Kossity
C’est le chat top célébrity
Dans la ville de Paris
Elle vraiment trop sexy
Elle bouge qu’en Sergio Tacchini
Style Giorgio Armani
Move up move up !
Mon chat il mange pas du Sheba
Mais elle se parfume au Shisheido
Comment elle fait j’sais pas
Pour être aussi chic de dos
C’est mon chat,
Ouais ouais bébé
C’est mon chat
A son contact l’air est bestial
Quand elle pointe som bumpa
Elle burn sur ton freestyle !
Elle créer des trous intemporels
Avec son corps de femelle
Elle wine son body
Sur le dancefloor baby
Parce qu’elle à le savoir-faire
Pas b’soin d’être une panthère
Pour groover comme un ver de terre
Ouais Seine Saint Denis Style
De Montreuil à Paname
Mon chatte
Il déboite
Il défonce
Tous les gonz
Yé yé hin hin.

Ep.2

Mémé va à l’église
Boire les paroles de Père Luc
Tous les dimanches
Elle lui reluque le uc

Elle se dit
Qu’elle le mangerait en entier
Elle lui montrerait
C’que c’est d’fumer une pipe sans dentier

Mémé a un petit sac
En peau de Guerlain
Elle y fourre ses hosties
Et ses pilules du lendemain

Il y a aussi son petit porte-monnaie
Avec sa petite pièce pour Guiton
Qui lui fait les commissions
18 ans, bien monté

Mémé va chez le boucher
Acheter de la viande chère
Elle aime les conseils de Roger
En matière de chaire

Elle y va toujours sans culotte
Et fait style qu’elle en a une
Elle veut être prête, toute propre
S’il vient lui décroché la lune

ALORS J’AIME TA GRAND-MERE

Ep.1

Hier je suis allé
Au supermarché
En trottinette
Parce que j’adore la trottinette.
Chemin faisant, j’aperçois au loin une silhouette
Juchée sur une sublime trottinette
Qui tanguait avec grâce.
Je me suis caché
Dans les fourrés
Pour la voir passer.
Sur la trottinette,
Ô miracle,
C’était ta mémé Josette.
Depuis j’aime ta Grand-Mère.

Turgescence lyrique


En partant m’égarer sur les bords du monde
J’ai découvert une toison d’or plus blonde que blonde
A sa vue doucement j’y ais blottis mon nez et ma bouche
Puis je l’ai étendue au sol pour en faire ma couche

Enlacé lascivement dans ces fils emmêlés
Ils me firent voir l’orient, les nuits tièdes d’humidité
Ils m’emplirent dans la nuit de l’Asie mineure
Des premiers sons suaves d’une étrange clameur

Parcourant la terre ronde nous en fîmes le tour
D’hémisphère en tropique toutes les rondeurs de son pourtour
Et à chaque fenêtre sombre nous entendions des soupirs
Et les cœurs qui grondent des douceurs du désir

Sous les plaisirs qui coulent comme l’huile sur la peau
Je voyais les flots d’ardeurs et l’écume de ces peaux
Orchestre vivant tambour battant des corps
Qui si ardemment s’affronte en duel, d’Amor

Le cœur battant à tout rompre caché parmi les fils
J’observais ce monde bouger au rythme gracile
Des ondes de ce chant qui font vibrer l’air d’indécentes cambrures
Et secoue l’espace de gémissements et de murmures

Tout le vivant réjouie de voir ses créatures laides ou belles
Chantant à l’unisson la sonate universelle
Et moi muette mal aimée emmitouflée dans mon linge
Bêtement je sentis monter dans ma gorge mon instinct de singe

Mais de ce beau chant ignorante de ces croches et de ces notes
Il ne sortit qu’un crie de jalousie du fin fond de ma glotte
Mon rêve prit fin dans ce hurlement déchirant
M’arrachant aux fils, aux soupirs et aux tambours battant

Ainsi ce ne fut que tes bras que je découvris ce matin
Tes bras trop grand trop lourd pesant sur mes seins
Mon front encore moite, je me tournais vers toi transpirante de désir
Mais tu me repoussa intrigué et tu fis encore bien pire

Quand en quelques mots tu m’infligea l’affront
En me disant pas ce matin chéri, popole a dit non
Je regarda popole les yeux baignés de mépris
Et posa sur la chose molle un baiser de dépit

Je quitta nos beaux draps aux roses de Damas
Dans l’espoir d’effeuiller les fleurs dans d’autres palaces
Jouer de la flûte, faire chavirer les archets
De violons plus vaillants à mes cordes veloutées

Et ce fut par une nuit clair, dormant à la chaleur des étoiles
Une de ces nuits ou l’air mêlé de lumière astrale
Fait du toit la chambre et envole tous vêtements
Et vous allonge impudique à la vue des quatre vents

Ce fut par cette nuit que me revint l’incroyable vision
Cependant au sommet du pic ou je découvris la toison
M’apparut cette fois un ange à la beauté fascinante
Aux ailes déployées et à l’allure parfaitement élégante

Son regard de braise paradoxe à la pureté de ses ailes
Le poids de sa puissance viril écrasa la chasteté charnelle
Alors l’ange merveilleux riant, jeta ses ailes blanches
Vînt se blottir contre ma bouche, balancer mes hanches

Riant à mon oreille jusqu’à ce que je ris moi-même
D’un rire rauque et grave, profond à aucun autre pareil
Et ce fut dans un même souffle rauque, chargé de vibrations
Que sans dire un mot, il ouvrit grand la porte de cette vision

Il planta dans mes yeux le pieu de son regard pénétrant
Tandis que se projetai dans ma pensée les images de l’autre continent
Je voyais surgir de tous bords des anges tel que lui dirigeant le monde
Tous enlacés dans les fils d’une toison d’or, plus blonde que blonde

Etendu sur le sol, mes jambes serrées autour de son bassin
Il m’embrassait si fort, sa poitrine écrasant mes seins
Je n’en sentais plus le poids, alors que son étreinte éclatante
Faisait vibrer mon corps d’émoi et mes lèvres suppliantes

Ainsi je m’endormais étendue sur le sol ma chevelure emmêlée
L’ange allongé sur moi comme retenu, à ma chaire enlacée.
Dans un demi sommeil je l’entendis murmurer au creux de mon oreille
De sa voix de basse les notes souples et langoureuses de la clameur universelle

Partage


Avec ma petite nièce
J’partage mes bonbeks
Avec personne
J’partage mes conquêtes
Avec le public
J’partage mes saucisses
Avec mes frelots
J’partage ma 8.6
Avec ma copine
J’partage mes tee-shirts
Avec mes frites
J’partage mon ketchup
Avec mes coups de rage
Je partage mes vengeances
Avec la musique
J’partage mes pas de danse
Avec mes clopes
J’partage ma santé
Avec mon planning
J’partage ma journée
Avec l’apéro
J’partage mes cacahuètes
Avec Clara Morgane
J’partage mes branlettes
Des fois avec ta meuf
J’partage mon 06
Avec un couteau
Je partage mon rosbif
Avec le soleil
Je partage mon ombre
Avec mes divisions
Je partage les nombres
Avec les pigeons
Je partage mon balcon
Avec mes ex
Je partage l’idée que je suis un sale con
Avec mon banquier
J’partage mes sous
J’partage plein de trucs
Plus ou moins fou…
Chou hibou cailloux chouchou trou fou fou
Là !
J’t’ai partagé ma folie
Avec les araignées
J’partage ma phobie
Avec Anna Nichol-Smith
J’partage mon Play-boy
Avec ton graff’
J’partage mon toy
Avec mon haleine de poney
J’partage un freedent
Avec le suspens
J’partage l’intriguant
Avec le connard
J’partage mes insultes
Avec ma teub
J’partage mon calbute
Avec les cons
Je partage mes théories
Avec les intelligents
Je partage ma bêtise
Avec les prisonniers
Je partage ma liberté
Avec les fachos
Je partage mon majeur dressé
Avec les chiens
Je partage le trottoir
Avec les piliers
J’partage le comptoir
Avec les clochards
Je partage ma monnaie
Avec vous
Je partage mes sonnets
Avoue choux hiboux cailloux chouchou trou fou fou toutou doudou rodoudou
Avec mon bug
J’partage ma rime en ou
J’partage plein de truc
Plus ou moins fou
Avec des choses
Qui partage des machins
Exemple
Avec le silence
J’partage la fin

Ma mère s’appelle Chita


Trop d’remue-méninges
au coeur des ménages
Allez ! Tournez manèges !
Et lavez donc votre linge

Moi j’descends du singe
Ma mère s’appelle Chita !
J’irais r’tracer le Gange
Si mes mains le pouvaient !

Si mes mains le pouvaient
J’aurais r’tracé ma vie,
‘Vec des variantes carrés
M’éloigner de la nuit

Mais dans l’fond je n’peux pas
M’éloigner d’ma galère
J’y ai aimé mes faux pas
J’y ai trouvé mes faux frères

Tu me montres du doigt
Moi je te tire la langue
Ma mélodie est une jungle
Courbe et douce comme une mangue

J’ai avalé l’noyaux
Ca m’donne une boule d’angoisse
File moi du tord boyaux !
Ca nettoie les sales poisses

Depuis le temps est passé
J’veux plus faire de détour
Ils m’ont escagassé
Avec leurs longs discours

J’en ai eu des mentors
J’leur ai brûlé la barbe
Avec des météores
Tout droit sortis d’la mienne

J’me sens dix fois plus fort
Maintenant que j’ai plus d’cartable
J’peux montrer qu’j’suis capable
Tout ça a ma façon

Je sais des fois j’suis con
Dis toi qu’des fois j’suis bon
Pas limité à buller
La bouche remplie de vent

Une chute en crescendo
Voila l’comble de tout ça
C’est pas l’histoire géo
Qui apprend le ch’val de troie

Demande à ma boite mail
Qui c’est qui leur apprend
Parle leur un peu d’Homer
Ils te sitent les Simpsons

Trop d’remue-méninges
Au coeur des ménages
Allez ! Tournez manèges !
Et lavez donc votre linge

Moi j’descends du singe
Ma mère s’appelle Chita
J’irais r’tracer le Gange
Si mes mains le pouvaient

Je ne suis pas un animale
Je ne suis suis qu’un mammifère
Mais mes ch’veux portent à confusion
Et mes yeux sont bien trop fiers

J’ai des traits de guenon
Tracés à la serpette
Je n’ai plus le même nom
Tout nu dans ma serviette

Des fois dans l’froid du soir
Mon nez est collé aux étoiles
Elles me content le temps
Et ballaient les effrois

Au grès d’un mauvais vent
J’ai perdu toute la flanelle
De mes p’tits yeux d’enfant
Une dent sur la marelle

Enlevé mon en-avant
Lesté d’mes mots savants
Dans les bulles de savon
Prédire ce que nous savions

J’ai fais voler les couleurs
J’men souviens qu’en délavé
Les belles heures
Avec le temps se sont comme dégradées

Egaré le goût des choses
Vogué dans l’passable
Emprunter le passage
Y tricoter les ecchymoses

L’ectoplasme blanc
M’a placé dans l’étaux
L’echo d’l’âme troublant
Vient frapper le creux des côtes

Paumer mon innocence
Une larme dans la rigole
Une larme coupée au sang
Un litre de vitriole

Un shaker détonnant
Remue dans mes méninges
Trop de remue ménage
Dans ce foutu manège

Moi j’descends du singe
Ma mère s’appelle Chita !
J’irais r’tracer le Gange
Si mes mains le pouvaient !

Sensation liberté


Dégénérescence iconique d’un grand tout culturel
Bazardage global du standard actuel.
Se faire inviter à aller se faire mettre par le patron d’en face
Cultiver l’abrutissement de consommation de masse
Cure de connerie ! Culte de stupidité ! Sale pute enculé !
Oups…
J’ai oublié de mâcher mes mots avant de les parler…

Mais là c’est tout le monde à la queue leu leu 
Dans mon esprit tortueux
Alors en attendant d’aller mieux… 
Je lis des livres et je regarde des émissions à la télé
J’écoute de la musique et des gens parler
Parfois je bois un verre de vin et j’observe la misère humaine
S’ignorer dans l’alcool et se coller des baignes 
Alors je tire des plans sur des comètes qui n’existent pas
Et je décide d’aimer même si on ne m’aime pas
Je sais que je suis seule, même avec tous mes amis
Alors je chiaaaaale en écrivant de la poésie…

Je fais des paradoxe pUUr, dans une société gangrénée 
Mise à mort contre un mur des restes de la beauté
De l’art à la louche qu’a un goût de lard dans ma bouche
C’est leurs excès indécents qui me font accéder
A la conscience de ce que je hais,
L’image du pater présidentiel despotique
Pour m’inculquer au marteau le bien du mal
Le baladeur à transporter de la merde en tube à succès !
Mon mobile à trimballer mon cerveau dans un tube à essai !
Je vomirais bien sur scène si je ne connaissais pas la gêne
Mais on m’a inculqué la honte comme la géographie
Et nul part dans le monde on aime le vomiiieeeee…

Pourtant je suis libre
Plus libre encore j’ai tout ce que je veux !
J’ai l’autorisation de sortie du territoire et le visa vacances
Je vais où je veux avec ma peau blanche
J’entre et je sors, je traverse toutes les frontières 
Je vole au-dessus des dictatures, ma compagnie aérienne 
C’est mon compte en banque
Et mon passeport passe partout c’est toujours ma peau blanche

Alors si je penche à gauche… c’est pour mon confort idéologique
Et si je penchais à droite ce serait pour le confort de mon fric
Mais je n’en ai pas assez pour lui céder ma conscience
Alors je me caresse l’ego dans le sens de la contradiction.

Tout ça c’est si stupide et sordide 
C’est comme se sentir à genoux 
Alors qu’on m’a pas coupé les jambes 
Et que je pourrais encore me tenir debout.
C’est comme être un gosse qui voulait trop bien faire, 
Et qu’a tout raté à vouloir être si fier,
Alors qui baisse les yeux, qui regarde le plancher, 
Qu’a la bouche qui pend, et les yeux énervés.
Mais qui dit rien, rien du tout, 
Qui mastique la leçon tant qu’elle a du goût… 
Qui se dit qu’il devrait changer de chewing-gum
Qu’il devrait changer d’école…
Changer de maison, changer de fonction
Mais y’a trop de gens qui rentre dans la vie
Comme des meubles ikéa !
« Toi tu tissera les chaussettes et toi tu les rangera ! »
Trop de gens qui se demande comment
Et personne pour se demander pourquoi ?
Moi des fois je demande à mon futur, mais il reste muet.
Mon avenir n’a rien à dire.
Alors je zappe sur des émissions à la télé et je lis des livres
Et puis j’observe le monde apprendre à survivre.

Insomnie


Coincé entre 4 murs
Comme un foetus mal formé dans le formol
En nocturne la formule
De l’ennui est formelle

Comme bloqué entre quatre planches
Attendre qu’elles sentent le sapin
A se dire qu’on a eu pas d’chance
Cerné, au p’tit matin

Piégé entre quatre gueules de bois
Comme dans un rite vaudoo
A maudire les mots doux,
Les gens qui gravitent autour de soi

Stopper entre quatre yeux
La face collée devant un miroir
A s’demander ce qui miroite
Dans les mirettes des bienheureux

Attendre que la lumière tombe
Pour essayer d’trouver l’sommeil
Sornette, les heures fondent
Et déjà les rayons de soleil

L’cerveau gravite sur quatre films
Pour berner le temps qui passe
A fumer tige sur tige
Matter l’cendrier qui s’entasse

Compter jusqu’à trois mille
Et jamais voir un mouton
Constater ce qui part en vrille,
N’jamais s’poser les bonnes questions

Bloqué entre quatre notes
Le lecteur chante un texte triste
A se dire qu’on existe
Que par le regard de l’autre

4 heures du mat’
Se sentir brisé
Sans vraiment savoir pourquoi
Au fond de soi se sentir méprisé…

Assis entre quatre canettes
A faire des châteaux de bazar
A rien gérer d’ses dix doigts
Et bouffer comme un con les restes

Inerte entre quatre cafards
Qui te refile le bourdon
L’intolérant temps lent, pfff!
Rend l’teint trop blafard

Enfumé entre quatre grammes
Feuilles longues et tabac sec
L’esprit en delta plane
Le fond des yeux tabassé

Fixé au centre des 4 coins
D’une pièce qui tourne en rond
Le cerveau chauffe à mach 1
Vient creuser le fond du fond

Préocuppé pour quatre sous
Et pas savoir comment s’occuper
Le regard dans l’flou
Même pas une ombre pour discuter

Les aiguilles trottent à quatre pattes
Les yeux ne s’ferment pas
Même investit dans le noir
Morphée ce soir n’a pas d’histoire

6 heures quatre minutes 44 secondes
Les gens s’éveillent
Je traîne depuis la veille
Des poches de plus en plus profondes

Cent ans de solitude


Miser sur la vie comme on joue à la roulette russe
Faire tourner le barillet et la seule balle qu’il contient
Démonter les hommes comme on joue aux poupées russes
Eprouver le tranchant de ma lame sur le dessus de ma main
Se tenir debout fier et inflexible
Face à la mascarade de mon existence risible
Regarder droit dans l’esprit de celui qui est mon juge
Le laisser lire sur mon visage
Que la peine qu’il veut que je purge
Ne m’inspire ni crainte ni regret
Parce que je tiens mon passé
Pour le meilleur de ce que j’ai fais
Comprendre que le juge se fout bien de mes actions
Et qu’il n’est pas là pour me mettre en prison
Le juge n’était pas la pour appliquer une sentence
Mais pour me révéler à mon existence…

J’ai finis par mettre le bonheur dans une petite boite
J’ai finis par en faire un souvenir…
Le juge s’en est allé sans formuler ma peine
Le juge s’en est allé sans que je saches ce qui allait m’advenir.

Ainsi j’ai passé…
Passé cent ans dans la plus pure solitude
Passé cent ans à voir les hommes mourir
Passé cent ans pétri d’incertitude,
Passé cent ans à rester et à vouloir partir.

A être le témoin de la guerre
Sans jamais pouvoir y prendre part
A attendre le retour des hommes sur leur terre
Pour constater qu’après la guerre
Les hommes sont toujours autre part.

A compter les rides et les cicatrices
Caresser le crépis des visages asséchés
A faire trop des gestes inutiles
Quand il y a plus de crevasses que de peau
L’homme ne sait plus être touché.

A être seule à côté des hommes
Savoir les hommes seuls les uns à côté des autres
A vouloir se faire être prophète,
A vouloir se faire être apôtre
Mais à n’avoir aucun idéal,
N’avoir aucun Dieu à se vouer
Retrouver l’odeur des rues sales
Et savoir pourquoi les hommes
Ne font plus rien d’enchanté.

Je crois en l’homme et à Dieu en lui
Mais les hommes se foutent
De toutes ces facéties !
Alors haïr le cynisme morose et terne
Des hommes qui n’arrive même plus à sentir la peine !
Avoir envie de faire du mal
Pour rappeler que moi même je souffre
Remarquer très vite l’inutilité de se donner du mal
A vouloir tenter de remplir un gouffre…

Et tout le mal que j’ai voulus faire
Et tout le mal que j’ai eu à subir
Se divise à part égale
Chez tous les hommes
Même les richesses sont sales
Quand elles s’étalent en aumônes…

Passé cent ans à
Vouloir être celle,
N’être jamais plus que soi
A n’être qu’une parcelle
Sur son étendu hostile
Qui me rappelle
Que je ne suis qu’une parmi cent mille.

Passer… cent ans dans la plus pure solitude
Maudire l’amour des hommes partis
Passer cent ans dans l’incertitude
Que ce que j’ai aimé m’a aimé aussi…

J’ai passé cent ans dans la plus pure solitude
A maudire l’amour des hommes partis
J’ai passé cent ans pétri dans l’incertitude
Que ce que j’ai aimé m’a aimé aussi.