Les couleurs de l’âge.

À 5 ans :
Rose : bonbon
Blanc : neige
Vert : pelouse du Luxembourg
Bleu : ma pelle et mon seau
Rouge : le rouge à lèvre de la maîtresse
Marron : caca
Jaune : pipi
Orange : une orange
Violet : mon pull préféré
Noir : quand maman éteint la lumière

À 15 ans :
Rose : pétasse
Blanc : copie blanche
Vert : ma weed
Bleu : Facebook
Rouge : mon sang
Marron : marrocco collé au bout des doigts
Jaune : mes baskets fashion
Orange : la sauce d’un Whooper
Violet : mon mascara préféré (de mauvais goût)
Noir : quand mes angoisses éteignent la lumière

À 30 ans :
Rose : pute
Blanc : dépasser la ligne, il t’en reste un peu à gauche…
Vert : – Aaahh… La Campagne… – Chérie c’est vert !
Bleu : mon jean mon uniforme
Rouge : mes ongles
Marron : un moelleux au chocolat
Jaune : La bague
Orange : Bio
Violet : ma robe préférée
Noir : quand il éteint la lumière et que…

À 50 ans :
Rose : c’est encore de mon âge ?
Blanc : la page blanche
Vert : mon jardin
Bleu : la mer. Non l’océan.
Rouge : le vin au dîné
Marron : la terre sous mes ongles
Jaune : Arrête de me prendre pour une idiote ! Je sais tout.
Orange : opérateur
Violet : mon châle préféré
Noir : quand il éteint juste la lumière sans que…

À 70 ans :
Rose : polydent
Blanc : les cheveux
Vert : la mousse sur la pierre
Bleu : mon petit fils
Rouge : écossais
Marron : incontinence
Jaune : mes dents
Orange : une orange
Violet : mon cache-lit préféré
Noir : le jour ou j’éteindrais moi-même la lumière.

Ep. 8

Une vielle crotte de bique
Avec trois dents en plastique
A voulue de façon ludique
M’apprendre à manier mon bic

Je lui ai dis : « Vielle dame
Ce n’est pas un souci
Ouvrez donc ma trousse
Voir comme ma plume est douce.

Pour la faire fonctionner
Enlevez donc votre dentier
Il suffit de faire coulisser dessus
Vos gencives toutes nues

Vous pouvez serrer les mâchoires
Mon stylo n’en sera que ravi
Oui, comme ça, sur les genoux comme quand vous priez.
Bientôt je remplirais votre encrier

Ça y est ! Vous avez récolté mon fluide épais
Avalez-le
Cela vous donnera bon teint
Et le bon teint ça ne mange pas de pain.

Maintenant c’est moi qui vous ai appris
À driver un plumeau,
Z’avez vu comme c’est beau
De se sentir salie ?

Faites donc voir votre chandail
En vielle laine qui pue,
Que j’y essuie dessus
Les trois gouttes qui reste en rabe.

Deuxième leçon,
Enlevez robes et pantalon,
Mettez-vous à quatre pattes comme si vous recherchiez une pile tombée sous votre guéridon
Et mordez un de ces pieds en laiton.

Je vais vous faire gonfler le pamphlet,
Une lecture toute intérieure
Vous verrez c’est là que ma plume est la meilleure.
J’ai oublié, enlevez votre dentier de nouveau pour ne pas le casser.

Disons que vous êtes une touche de clavier,
Choisissons la lettre Q
Que je tape très fort, très sec, comme un belier
Je vous entend couiner comme un gon de porte mal huilé.

Il suffit maintenant que je vidange
Sur votre odorante rigole
Mon litre d’encre blanche
À disposition des petits cotons et une bouteille d’alcool.

J’aime ta grand-mère.