La Normande

Une vache maigre
Dans un champ de pâquerettes
Mangeait du maquereaux
Au vinaigre blanc

Une coupe de champagne
Et quelques olives
Un yahourt au miel vert
Pour finir ce repas

Le ventre repus
La vache maigre
Se curait les dents
Allongée, jambes croisées, elle s’allume une clope

Elle regarde les nuages blancs
Sous le ciel bleu
Qui forme des petits lapins
Ou des orang-outans

Ca dépend de l’angle
De la lumière
De l’esprit
De la pression atmosphérique

Tout en faisant des ronds de fumée
Profitant du calme
Elle ne cesse de penser
Aux prochaines vacances à Saint-Tropez

Elle y croisera Loana
Jay Z et Rihana
Boira des cocktails très cher
Et dormira dans une piaule merdique très chère aussi

L’année dernière en une semaine
Elle avait claqué un an d’économie
Mais ça fait bien à la rentrée
De dire au collègue qu’on a bu un gin-feez sur la même terrasse que Grégory Basso

Son plus gros problème c’est le célibat
Elle a beau se faire belle
Personne ne veut d’elle
Bien que ses sabots ne soient pas crottés

Les vaches même maigres
Ca n’agite pas les foules
Ca a l’oeil vide
Et pas un pourcent de fougue et ça elle le sait

Alors elle va faire un crédit chez Sofinco
Pour se payer une belle peau de biche
Peut-être tapera-t-elle
Dans l’oeil d’un riche ?

Ca c’est ce qu’elle espère
En secret
Finissant sa cigarette
Dans ce champ de pâquerettes

La vie est dure pour les vaches
Surtout quand elle lisent Voici
Elles fantasment
Et ça s’arrête là, ça va pas plus loin que le bout d’une phrase mal formulée.

A quarante sept ans
Elle est toute seul, sans veau ni boeuf.
Et finira sans doute
En peau de vache.

La liste

Les choses qu’il ne faudrait jamais oublier, mais qu’on oublie toujours parce que si on s’en souvenait ou pourrait pas en inventer des nouvelles.
(A lire avec en fond sonore The Miracle de Queen)
Now close your eyes, turn off your computer, and think about something you’ve never thinking of.
(……………..silence……………………………………………………………………….
…………………………………………………………………….silence…………………
……………………………………..silence……………………………………………….)

(Une dernière pensée émue pour les hordes sauvages de jeunes pré-pubères qui sont en train d’en chier grave leur race sur des sujets Philosophico-mes-sseufs médiocres pour obtenir leur Baccalauréat, conçus par l’un des ministères les plus en crise actuellement. #RIP. Soon it gonna be over.)

Tour des poneys morts du monde

Mort tranquillement, de la main d’un enfant trop gourmand. Première expérience de la responsabilisation des enfants par l’imagination. 

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Jack as a Pony, the nightmare in Poneyland

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« Dessine-moi un poney mort. » Extrait de Le Petit Prince à Poneyland

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Don’t matter if you’re black or white, you’re dead. (Michael Jackson) Famous consumer of little ponys.

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« Farewell happy unicorn, where joy forever dwells ! Hail dead pony ! » (John Milton) The only cultural reference we have in Poneyland

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I had a friend, she was a model, but now she’s dead, she’s dead pony.

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La Surprise du Matin !

Y’a des jours ou tous les mots, même les plus beaux, ne viennent plus se coller sur la réalité.
Ils dégoulinent le long des murs et la colle ne prend jamais.
Alors on abandonne les murs, on les regarde d’un peu loin, on les regarde et on y comprend rien.
Je m’écarte du Monde, juste pour trouver un autre point de vue, d’ou le sable et le désert urbain pourrait me montrer leur deuxième profil.
Et puis il y a des jours ou l’on se retrouve aux Portes du Monde, quand on a fait quelques pas de plus en arrière pour observer le champ de bataille.
Aujourd’hui je suis aux Portes du Monde qui m’oppresse, aux pieds du fronton de granit ou il est inscrit « Entre et ne ressort plus ».
A cet endroit il y a toujours un soleil écrasant qui ralenti les gestes, les pensées et serre autour de la gorge un puissant noeud brûlant.
Il faudrait que je rentre sans me demander si les gens sont cruels, ou si le temps qui passe ici arrache la peau et les larmes.
Aux Portes du Monde je vois tourner en rond des métros sales et bondés, et dedans des beaux bébés McDo avec du sel plein la gueule.
Des filles toujours plus jeune qui aimerait se faire greffer des strings éternellement propre au cul, et toujours le même goût de vanille dans la bouche.
Des garçons avides, qui implosent en eux-mêmes comme des bombes atomiques. Juste pour essayer de se trouver de limites.
C’est se lever d’un rêve anodin, et puis laisser la déprime qui monte juste parce que le ciel est gris, et que ce matin il n’y a pas de soleil.
D’une image à une autre, d’une vidéo Youtube au dernier Confessions Intimes ou Marion expose son corps nu parce qu’elle n’a pas assez confiance en elle.
D’un jingle entêtant à Judas, on voit des êtres humains se prendre pour des messies de la société. Qui nous apprendrait à vivre comme eux.
Des êtres humains déchaînés à expliquer pourquoi ils existent, pourquoi ils échouent, pourquoi ils réussissent, pour ne retenir finalement que ce que leurs petits yeux leur ont donné de voir.
Mes yeux divaguent entre le bonheur d’être vivant et la frustration de l’existence. Un instant de joie, un instant de peine, et puis un autre, et encore un.
J’alterne sur l’échelle du vide, entre mon égocentrisme brûlant et la rage de me savoir incapable. Alors je continue de m’éloigner des Portes du Monde, m’éloigner des goûts et des odeurs.
Au pays que j’ai bâtis la colère vaut bien plus que l’injustice qui la provoque. Mon pays dans ce Monde.
Mon pays regarde. Il regarde la sécheresse et la canicule des idées tordues, qui envahissent tous les esprits, et finalement c’est normal.
C’est comme voir toutes les tangentes se réunir au point d’orgue. Mon doigt au bout de mon esprit au bout de mon pays effleure le grain de peau du visage de ce Monde.
Il n’est pas question pour moi de dire que je n’aime pas le Monde dans lequel je vis. Le problème c’est de réussir à exister.

C’est juste une question de point de vue

(Les garçons naissent dans les boites à outils et les femmes dans les caddies)

Voilà deux jours, tandis que je regardais la vaisselle moisir sur elle-même et la poussière gambader de cheminée en tiroir, je me suis dis en bon Poney : Qu’il est bon de ne pas avoir à faire le ménage ! (Tout le monde sait que les Poneys vivent dans la totale crasse).
Donc mes pensées divaguant je me suis dis : « En imaginant que je sois une femme, une vraie avec un esprit de femme, reloud comme une gonzesse avec des nichons et tout. »
Trêve de plaisanterie, tout le monde sait que ça n’arrivera jamais, mais imaginons. Donc, moi Femme et non Poney, cuisinant des petits plats surgelés pour un Homme (non un Poney), récurant fond de casserole, aspirant miettes et vilénies dans un aspirateur 2000 watts très fonctionnel, frictionnant mes pièces de bois rare d’un chiffon très bien choisi de cire luisante and so on…
Quand j’en suis arrivé à la cire j’ai comme eu une envie de vomir très très fort de tous mes boyaux.
C’était la vision de l’horreur des femmes soumises qui ne vivent que dans l’attente de monsieur et entretienne leur intérieur pour qu’il s’y plaise dans l’abnégation la plus totale de ce qu’elle sont. Pour quelle raison ? J’en sais putain de rien, mais c’est ce qui se rabâche dans tous les manuels pro ou anti féministe, les gos souvent elles abdiquent.
Après je me suis imaginé toujours en femme mais célibataire forcenée et joviale, compensant mon manque d’affection par une existence que j’enrichirais de mille petits riens qui la rende si jolie. La j’aurais cuisiné des petits plats surgelés for MySelf, récuré mes fonds de casseroles parce que je suis cool mais que je prends soin de chez moi, passer de mon aspirateur très fonctionnel pour ne pas me laisser aller, et enduit mes pièce de bois rare parce que j’ai vachement bon goût.
Là ça perdait tout de son essence aliénante, envolée la mémère-ménagère avant l’heure suspendu aux basques de Sir ! Bienvenu la célibatante hystérique en famine de cul ! Bonjour la mégère aigrie (avant l’heure) dépressive-suractive qui fait de son existence une grande pièce de théâtre ou elle plante mille petits bouts d’un décor tapageur pour masquer la cruauté de son grande vide.
Arrivé au décor tapageur j’ai de nouveau eu très très envie de vomir tous mes boyaux.
Le Poney en moi hurlait : STOP !!!! STOP !!!!!! STOP BORDEL !!!!!!!!!
Mais la machine étant lancé je n’ai pu m’arrêter, après cela j’imaginais d’un côté la mémère-ménagère s’arrachant poils et points noirs pour le bon plaisir de LeMale, toujours soumise ne pensant pas sa beauté pour elle-même mais par rapport au regard de l’autre. D’un autre je voyais la célibataire aigrie s’arrachant les mêmes poils et les mêmes points noirs parce que « c’est trop bon les moments cocooning ! », que c’est pas parce qu’on est seule qu’il faut pas prendre soin de son corps. Et qu’elle se coucherait ce soir fièrement épilée de très près dans un trop grand lit plein de vide, un peu comme son existence.
Après ça les visions se sont emballées et j’ai vus des tonnes de sortes de femmes, des hystériques tyranniques, des passives-agressives implacables, des dépressives pompe à énergie et toutes s’arrachaient des milliers de poils sur des dizaines de milliers de jambes et extirpaient des millions de points noirs de milliards de pores sur des milliers de kilomètres carré de peau.
J’ai eu des tonnes de palpitations, des sueurs froides, mes boyaux se tordaient comme possédés par un démon. J’ai pas vomie, mais j’ai bien faillis, et j’ai pas pleuré mais ça c’est parce que les Poneys n’ont pas de coeur.
Quand je me suis remis de cette expérience au-delà du réel et que j’ai repris mes esprits j’ai réfléchis. Les ménagères se font traiter de soumises par des célibatairatés, qui elles-mêmes se font traiter de vieilles filles coincées par des abdiquantes lâches.
Ce fut ainsi que me vint un soulagement bienvenu, en fait tout ça c’est juste une question de point de vue. Alors j’ai continué à regarder la vaisselle moisir sur elle-même et la poussière gambader de cheminée en tiroir.

Leçon de chose : la naissance du Poney

Après plusieurs mois d’activités, plus ou moins intenses, ils nous est apparu suprêmement fondamental de faire le point sur une chose, ou devrais-je dire une question : « Mais en fait, c’est quoi un Poney ? »
Excellente et glorieuse interrogation !! C’est vrai ça, qu’est-ce que c’est donc que ces bêtes étranges ?! Alors c’est parti les enfants !
Tout d’abord ce sont des mammifères, ils ne font donc pas d’oeufs, de sexe Poney ou Poney peu importe, qui naissent généralement sous le signe de la Grosse Teube, ou de la Chatte Poilue.
Contrairement aux croyances populaires, qui les décrivent comme des animaux sympathiques, amicaux, joyeux, romantiques, délicats, attendrissants etc… et autres bullshits, le Poney se distingue par un caractère à la particularité si lourde qu’il est bien plus antipathique et rebutant de prime à bord que n’importe quel autre animal.
En fait le Poney, pour être honnête est devenu un gros bâtard. Il faut dire que le Poney, originellement inoffensif et je-m’en-foutiste s’est vu tellement maltraité par des générations de petites filles chez qui on incita des comportements suspects, (du type : retirer au Poney son essence virile et casse-couille) que le Poney s’est vu depuis des générations dans l’obligation de devenir ce genre de petit salaud hypocrite pour ne plus souffrir ces outrages.
Donc à la base, ou plutôt au fondement, le Poney est un gros branleur.
Le Poney, gambadant, libre et égal face à Dame Nature, vivait tranquillement dans sa grande inconscience, et se livrait sans préjugé à l’existence de fégnasse qu’il s’était trouvé. Il était le symbole de que dalle, à part peut-être de la brave bête inutile. Moins rapide qu’un cheval, moins tenace qu’un âne et de toute façon plus petit, tout dans sa constitution le portait à glander.
Mais comme tout dans notre société, un jour le Poney a vu son image corrompue, commercialisée, instrumentalisée par des êtres humains avides de profits et de stéréotypes qui encerclèrent de force ces pauvres bêtes des murs sans fin que sont les clichés et les idées reçues.
Ainsi le Poney avant d’être rose, vert, bleu, mauve, ou arc-en-ciel était juste blanc, marron, gris ou noir et n’en avait rien à foutre.
Mais soyons francs, le Poney s’est bien sur quelque peu servit de cette image publicitaire qu’on lui collait sur le dos pour se faire une place au pays des humains. Cependant, au plus grand secret, quand enfin seul le Poney enfouissait dans les méandres de son coeur sa Véritable Raison d’Etre, en tapissait chaque nervure des images de son passé.
La nature, les champs, les fleurs, les frites, ses envies de geeker sur le net, son plaisir à fumer des joints et à boire des verres avec ses potes, ses mots absurdes, ses injures au goût de blague, son mauvais esprit et tout le reste formant des fresques sans fin dans les couloirs de sa mémoire.
C’est ainsi qu’au fil des générations vit le jour un Poney Super Sayen Troisième Transformation, ni blanc-marron-gris-noir ni rose-vert-bleu-mauve-arc-en-ciel, mais un Poney de lumière, qui Est avant d’être Poney, qui vit son genre et sa forme par delà les conditionnements, qui accepte le code de la vie mais refuse les dictats, s’éloigne des lois par pure honnêteté, cherche l’humain en chacun de nous.
C’est ainsi que vit le jour un nouvel être vivant, pour un nouveau monde. Et ce monde il l’appela Poneyland.

Remords et grosses dentelles

Les remords
Habillent mon corps
Comme
De la lingerie taillée à la truelle
En grosse dentelle

Avec de vilains noeuds
Trop gros, trop faux,
Comme du fard à paupière
Coupé
A la peinture à l’eau

Du satin de synthèse
Couleur bleu piscine municipale
Qui ondoie sur mes rondeurs
Avec la grâce
D’un chacal

Des guipures en poil de crin
Qui tisse des formes affreuses
Des motifs poils de bite
Crispés
Sur une cuisse graisseuse

Mes remords
Habillent mon corps
Du voile de soie
Fripé, tâché
De la colère et du désarroi

Ils couvrent ma peau
De petits boutons rouges
Pour que j’y accroche
Des panneaux :
« Je suis moche »

Carambolages de bretelles,
De crochets, de jarretelles,
Qui dégringolent de ma garde-robe
Et s’écrasent
Sur le sol en désordre

On oublie les réflexes,
Les « bons gestes »
Et aujourd’hui tout ce qui me reste…

C’est des remords qui habillent mon corps
D’élastiques trop tendus
Qui creusent à l’infini
Des bourrelets bien mous
Dans le foi, dans le bide

De résille à un franc,
Qui taquine la jambe
Entre ex-salope et pute niaise,
Faut pas trop se croire bonne,
A croire que ça rend conne.

Alors je me ballade à poil,
A dos de poil de chatte
Exhiber mes regrets
Avec ou sans soutien-gorge
Et tant pis si on me dit
Qu’être triste c’est moche.

J’assume, je montre
A la vue du beau monde
Des larmes incarnées
Dans un string Prix Gagnant
Des douleurs lassantes
Qui gonflent mon bonnet.

On fait tous du 300 K
Au fond de soi.

L’anthropologie

Il me semble que cela fait une éternité, en fait c’était il y a juste huit ans. 2 x 4 x 12 mois, alors gamine, claustro, curieuse mais froide, je me lançais à corps perdu dans des études de « ça s’appelle comment ? » et de « ça sert à quoi en fait ? ». Autrement dit d’anthropologie.
Je n’en garde que d’excellents souvenirs, et la sensation irremplaçable d’avoir compris des choses essentielles, et d’en être sorti grandit. Mais aussi que l’on nous a offert un savoir simple et universel, dont l’utilité dépasse toute forme de contexte et de société, un savoir humain.
C’est en général à partir de ce moment que la moitié des gens se mettent soit à glousser, soit à dire sur un ton paternaliste/rationnel/sirupeux : « non mais attend arrête tes conneries, redescend sur terre… »
A croire qu’avoir à coeur de comprendre les choses de l’humanité c’est vraiment de la grosse connerie, et que tout ça n’est jamais que bullshit et branlette.
Parce que tout le monde croit que faire de l’anthropologie c’est ne pas se poser les bonnes questions, s’éloigner de la vraie réalité, se fourrer des doigts dans l’oeil, et s’enfumer le cerveau à la ganja en disant Peace Man.
La plupart des personnes que je connais qui ont réussit en anthropologie fument peu de ganja, voir pas du tout, et ne disent jamais Peace Man.
Pour ce qui est de se poser les mauvaises questions, j’aimerais demander au tout venant ou est-ce qu’on trouve les bonnes, parce que si le fait de réfléchir à l’humanité, qu’elle soit une seule ou diverse, et l’admirer comme un splendide joyau taillé de multiple facettes qui se réfléchissent si subtilement, c’est se fourvoyer, bon… Permettez-moi d’avoir envie de pleurer.
Parce que en attendant, et ceci est une déclaration publique, je suis fière et heureuse d’avoir claqué cinq ans d’université pour être capable aujourd’hui d’être qui je suis et de comprendre le monde comme je le comprend. Et la les derniers intéressés vont me dire que j’ai pris trop de LSD, mais je suis profondément heureuse d’avoir appris à ne pas juger/évaluer/sanctionner/rabaisser les hommes, qu’ils soient bons ou mauvais.
Car qui est bon ? Qui est mauvais ? Et la en général la bonne réponse c’est : ça dépend du point de vue.
Y’en a qui me diront avec joie et sarcasme que ce genre de réponse n’est bonne qu’à entraîner la haine et la justification de celle-ci, que laisser les hommes aller vers le jugement qui leur sied les laissent stupides, incultes, rageux, et surtout racistes.
Naturellement l’homme est son ennemi, un peu comme deux colonies de fourmis peuvent être ennemi. On se bat pour le territoire, les gonzesses, la bouffe, voir les mioches. Comme un lion, un cerf, un scorpion. En fait rien de très neuf, rien de très original.
Si j’en viens là c’est sans doute parce que depuis deux semaines je me posais trop de questions sur les sujets que nous connaissons tous. Les gens s’indignent comme au premier jour d’offense qu’on croirait toute neuve. Et laisse derrière eux un arrière goût de « né de la dernière pluie acide tombée d’un nuage radioactif ».
Et la c’est le moment ou ceux qui tentaient de me sauver de mes supposés fabulations commencent à me cracher à la gueule, quand je dis qu’il faudrait peut-être comprendre que la grande humanité en paix totale, c’est comme le déluge, on l’attend, et que ne pas aimer ses voisins, c’est normal. Moi je déteste mes voisins, ils me le rendent d’ailleurs très bien, et nous vivons heureux malgré tout. Parce que je ne me sens jamais obligé de dire : « Non mais je les connais pas si ça se trouve c’est des gens bien. »
Mes voisins je m’en branle, et plus je m’en branle mieux je Les Supportent.
Et qu’il arrive que la meilleure réponse à la question « Mais ou va le monde ? » c’est : « Ou il veut, mais en général de là ou il vient. »

Chips, biscuits, calories

Chips, biscuits, calories,
Remords, encore,
Coca, sucré,
Caries, regrets.
Sourire, oublie,
Beauté, jeunesse,
En avant, apprêtée,
Délice, du sexe,
Jamais arrêter,
Courir, voler,
Passion, frénésie,
Pouvoir, puissance.
Éclats de rire,
Briller, lumière,
Des yeux, de la voix,
Inonder la terre
De la joie d’être soi.
Voler, subjuguer,
L’univers, les coeurs,
Étoile majeure,
Partout, tout le temps,
Je sais, je suis,
Je vais, je veux,
J’exige, j’obtiens,
Irradier, désirs,
Beauté, jeunesse,
Frénésie, oublie.
Souvenirs, soutenir
Le regard du miroir,
Rappel, absent,
Seul, le soir.
Courir, marcher,
Finir, par s’écraser.
Angoisse, torture,
J’ai un coeur au fond,
Seul, dans le noir,
Creuser, une tombe.
Chacun son tour,
Souffrir, maudire,
Je veux de l’amour,
Trop tard, je veux fuir.
Accepter, vomir,
Crier, j’ai mal,
Le monde,
Tout le monde,
S’en fiche de ça.
Normal.
Le goût, l’odeur,
Amer, rancoeur,
Je passe, j’efface,
Les restes, ces gestes.
Seul, fumer
Ses neurones, son fric,
Mauvaise passe,
Double sens,
Salope, sabrée,
Vodka, solitude,
Échec, épave,
Écueil, rivage.
Éveil, sursaut,
Le sable et l’eau,
À l’aube, à l’aurore,
De l’or sur la peau,
Souvenir, soutenir,
Le regard du miroir.