C’est juste une question de point de vue

(Les garçons naissent dans les boites à outils et les femmes dans les caddies)

Voilà deux jours, tandis que je regardais la vaisselle moisir sur elle-même et la poussière gambader de cheminée en tiroir, je me suis dis en bon Poney : Qu’il est bon de ne pas avoir à faire le ménage ! (Tout le monde sait que les Poneys vivent dans la totale crasse).
Donc mes pensées divaguant je me suis dis : « En imaginant que je sois une femme, une vraie avec un esprit de femme, reloud comme une gonzesse avec des nichons et tout. »
Trêve de plaisanterie, tout le monde sait que ça n’arrivera jamais, mais imaginons. Donc, moi Femme et non Poney, cuisinant des petits plats surgelés pour un Homme (non un Poney), récurant fond de casserole, aspirant miettes et vilénies dans un aspirateur 2000 watts très fonctionnel, frictionnant mes pièces de bois rare d’un chiffon très bien choisi de cire luisante and so on…
Quand j’en suis arrivé à la cire j’ai comme eu une envie de vomir très très fort de tous mes boyaux.
C’était la vision de l’horreur des femmes soumises qui ne vivent que dans l’attente de monsieur et entretienne leur intérieur pour qu’il s’y plaise dans l’abnégation la plus totale de ce qu’elle sont. Pour quelle raison ? J’en sais putain de rien, mais c’est ce qui se rabâche dans tous les manuels pro ou anti féministe, les gos souvent elles abdiquent.
Après je me suis imaginé toujours en femme mais célibataire forcenée et joviale, compensant mon manque d’affection par une existence que j’enrichirais de mille petits riens qui la rende si jolie. La j’aurais cuisiné des petits plats surgelés for MySelf, récuré mes fonds de casseroles parce que je suis cool mais que je prends soin de chez moi, passer de mon aspirateur très fonctionnel pour ne pas me laisser aller, et enduit mes pièce de bois rare parce que j’ai vachement bon goût.
Là ça perdait tout de son essence aliénante, envolée la mémère-ménagère avant l’heure suspendu aux basques de Sir ! Bienvenu la célibatante hystérique en famine de cul ! Bonjour la mégère aigrie (avant l’heure) dépressive-suractive qui fait de son existence une grande pièce de théâtre ou elle plante mille petits bouts d’un décor tapageur pour masquer la cruauté de son grande vide.
Arrivé au décor tapageur j’ai de nouveau eu très très envie de vomir tous mes boyaux.
Le Poney en moi hurlait : STOP !!!! STOP !!!!!! STOP BORDEL !!!!!!!!!
Mais la machine étant lancé je n’ai pu m’arrêter, après cela j’imaginais d’un côté la mémère-ménagère s’arrachant poils et points noirs pour le bon plaisir de LeMale, toujours soumise ne pensant pas sa beauté pour elle-même mais par rapport au regard de l’autre. D’un autre je voyais la célibataire aigrie s’arrachant les mêmes poils et les mêmes points noirs parce que « c’est trop bon les moments cocooning ! », que c’est pas parce qu’on est seule qu’il faut pas prendre soin de son corps. Et qu’elle se coucherait ce soir fièrement épilée de très près dans un trop grand lit plein de vide, un peu comme son existence.
Après ça les visions se sont emballées et j’ai vus des tonnes de sortes de femmes, des hystériques tyranniques, des passives-agressives implacables, des dépressives pompe à énergie et toutes s’arrachaient des milliers de poils sur des dizaines de milliers de jambes et extirpaient des millions de points noirs de milliards de pores sur des milliers de kilomètres carré de peau.
J’ai eu des tonnes de palpitations, des sueurs froides, mes boyaux se tordaient comme possédés par un démon. J’ai pas vomie, mais j’ai bien faillis, et j’ai pas pleuré mais ça c’est parce que les Poneys n’ont pas de coeur.
Quand je me suis remis de cette expérience au-delà du réel et que j’ai repris mes esprits j’ai réfléchis. Les ménagères se font traiter de soumises par des célibatairatés, qui elles-mêmes se font traiter de vieilles filles coincées par des abdiquantes lâches.
Ce fut ainsi que me vint un soulagement bienvenu, en fait tout ça c’est juste une question de point de vue. Alors j’ai continué à regarder la vaisselle moisir sur elle-même et la poussière gambader de cheminée en tiroir.

Ma mère s’appelle Chita


Trop d’remue-méninges
au coeur des ménages
Allez ! Tournez manèges !
Et lavez donc votre linge

Moi j’descends du singe
Ma mère s’appelle Chita !
J’irais r’tracer le Gange
Si mes mains le pouvaient !

Si mes mains le pouvaient
J’aurais r’tracé ma vie,
‘Vec des variantes carrés
M’éloigner de la nuit

Mais dans l’fond je n’peux pas
M’éloigner d’ma galère
J’y ai aimé mes faux pas
J’y ai trouvé mes faux frères

Tu me montres du doigt
Moi je te tire la langue
Ma mélodie est une jungle
Courbe et douce comme une mangue

J’ai avalé l’noyaux
Ca m’donne une boule d’angoisse
File moi du tord boyaux !
Ca nettoie les sales poisses

Depuis le temps est passé
J’veux plus faire de détour
Ils m’ont escagassé
Avec leurs longs discours

J’en ai eu des mentors
J’leur ai brûlé la barbe
Avec des météores
Tout droit sortis d’la mienne

J’me sens dix fois plus fort
Maintenant que j’ai plus d’cartable
J’peux montrer qu’j’suis capable
Tout ça a ma façon

Je sais des fois j’suis con
Dis toi qu’des fois j’suis bon
Pas limité à buller
La bouche remplie de vent

Une chute en crescendo
Voila l’comble de tout ça
C’est pas l’histoire géo
Qui apprend le ch’val de troie

Demande à ma boite mail
Qui c’est qui leur apprend
Parle leur un peu d’Homer
Ils te sitent les Simpsons

Trop d’remue-méninges
Au coeur des ménages
Allez ! Tournez manèges !
Et lavez donc votre linge

Moi j’descends du singe
Ma mère s’appelle Chita
J’irais r’tracer le Gange
Si mes mains le pouvaient

Je ne suis pas un animale
Je ne suis suis qu’un mammifère
Mais mes ch’veux portent à confusion
Et mes yeux sont bien trop fiers

J’ai des traits de guenon
Tracés à la serpette
Je n’ai plus le même nom
Tout nu dans ma serviette

Des fois dans l’froid du soir
Mon nez est collé aux étoiles
Elles me content le temps
Et ballaient les effrois

Au grès d’un mauvais vent
J’ai perdu toute la flanelle
De mes p’tits yeux d’enfant
Une dent sur la marelle

Enlevé mon en-avant
Lesté d’mes mots savants
Dans les bulles de savon
Prédire ce que nous savions

J’ai fais voler les couleurs
J’men souviens qu’en délavé
Les belles heures
Avec le temps se sont comme dégradées

Egaré le goût des choses
Vogué dans l’passable
Emprunter le passage
Y tricoter les ecchymoses

L’ectoplasme blanc
M’a placé dans l’étaux
L’echo d’l’âme troublant
Vient frapper le creux des côtes

Paumer mon innocence
Une larme dans la rigole
Une larme coupée au sang
Un litre de vitriole

Un shaker détonnant
Remue dans mes méninges
Trop de remue ménage
Dans ce foutu manège

Moi j’descends du singe
Ma mère s’appelle Chita !
J’irais r’tracer le Gange
Si mes mains le pouvaient !