Je vole… Pas.

La tête entre quatre planches,
Les fesses entre deux chaises,
Je cherche…
Ma place entre moi et moi-même.
Je me laisse…
Traumatiser par mes excès,
Mes accès d’Idéal
A 2 Balles,
Les paradoxes invertis,
Je suis…
Seul dans mon existence,
Seul dans de mon crâne,
L’esprit… en panne de carburant.
Je vole…
Pas, même si j’ai souvent essayé,
Coincé entre je vais, j’aimerais, j’retiens !…
Rien…
J’ai l’ironie mal placé
Et l’amour de mauvais goût,
Fasciné par la misère mentale,
Les gros mots, les cailloux,
Qu’des choses pas commerciales,
J’échoue…
Au concours des grandes constructions
De gros cons
Pour la santé de mon avenir,
CDI, CDD = Connard Diplômé en Devenir.
J’ai Bac + 5 en brassage de néant,
J’apprends…
A démonter des pyramides,
Je bâtis…
Des grandes bombes atomiques
100% de surface habitable,
En espérant y loger… mes idées…
Infréquentables…
Je tire la languette
Au cul des flamby
Et je regarde les volutes
De ta cellulite
Dans le désert dans ma tête
Vacillent 2000 Mirages sans fin,
Dans les déserts américains
Y’à toujours des jolies filles perdues…
Donc j’quitte…
Mon champs de Scud
Pour la pampa cain-ri
Trouver de l’amour
Style Style Natural Mystic
J’abandonne…
Ce qui ne m’appartient pas
Et je vole…
Au hasard entre les branches,
J’abolirais les taxes mondiales
Sur le libre-échange
De couchers de soleil
Pour toi.

O.V.N.I. présenté par Le Petit Ghetto dans la Prairie

Comme on a pas encore d’équipe de foot à Poneyland, mais qu’on aime bien être supporter, on exulte nos trop-plein d’émotions, nos joies bestiales et nos grands cris d’animaux virils non pas dans des stades qui sentent la sueur mais pour de la musique.
Ainsi à Poneyland on écoute du rap (Poneyland qui a aussi faillit s’appeler « le petit ghetto dans la prairie » mais ça portait un peu trop à polémique), et se penche aujourd’hui sur Odezenne.
Odezenne avant c’était O2zen, mais en fait c’est les même gens, contrairement à ce que certains ont pu croire. Sinon c’est toujours de la musique, de la bonne.
Donc cet album s’appelle O.V.N.I., et fait suite à sans.chantilly. Le style a un peu changé mais la qualité est toujours là, et en quantité. Et si on a décidé de vous parler d’Odezenne aujourd’hui c’est pour diverses raisons et tout d’abord parce que si leur musique ne semble pas totalement évidente à la première écoute, on la découvre et la savoure sur le long terme. Contrairement à bien des chiottes de nos jours, satisfaisant des besoins musicaux de consommation rapide, genre hit McDo qu’on mange en 10 secondes, digéré en une heure et qui laisse sur sa faim au bout de trois.
Dans le cas d’O.V.N.I., la multiplications des écoutes ouvre progressivement leur univers très personnel, et nous laisse le temps de l’apprécier dans sa profondeur un peu comme une rencontre amicale bâtit sur l’enrichissement réciproque. La preuve, leur premier album qui fut un succès d’estime leur a construit un véritable public, certes restreint, mais solide de vrais fans.
Une autre raison nous ayant donné vachement envie de vous en parler c’est qu’ils écrivent en français et si possible pas trop de conneries. De la très bonne chanson française, il y en a eu, avec des textes mémorables et magnifiques, et quoi qu’en dise les anti-rap, dans les années 90 fleurirent certains des meilleurs textes en français dans les champs de culture hip-hop. Simplement, pour s’en rendre compte il faut fouiller, parfois tendre l’oreille, ce que moins de gens qu’on ne le croit font.
Et puis ça fait encore bizarre à trop d’affolés de dire que le rap ça fait partit de notre patrimoine culturel contemporain. Pourtant quand on est né à partir des années 75-80 le rap tient une importance à mon avis considérable dans le paysage artistique, et au-delà de la musique, le hip-hop c’est une façon de s’exprimer, de contester, de décrire l’existence et les problèmes, de vivre, de s’habiller… etc.
Après on ne dit pas pour autant que dans le rap tout est bon, bien sur y’a aussi de la grosse merde consternante dans la production hexagonale. Mais faut dire qu’en Fransaoui on a le chic pour faire des clichés, et après les grands succès des années 90 début 2000, on a tellement collé l’étiquette « galérien de banlieue vulgaire et sans vocabulaire » sur la tête des rappeurs que les majors ont lentement élimé la diversité en refusant les prises de risque, et le genre s’est pas mal mis à tourner en rond.
Aujourd’hui le rap à besoin d’air et le style d’Odezenne semble justement ouvrir des portes. D’influences diverses, principalement dans la composition, ils arrivent à restituer leurs richesses respectives, à exprimer simplement ce besoin de dépeindre la vie comme elle est, avec ou sans métaphore, que ce soit pénible ou jouissif.
Et puis c’est clairement décomplexant d’entendre des mecs dirent qu’ils souffrent sans être niais ni fleur bleue. Au fil du disque on trouve pas mal de portraits de femmes assez durs sans que ça verse jamais dans la dénonciation gratos du « les meufs sont toutes des putes ».
Musicalement on sent dans la recherche des sons et le peaufinage des prods un vrai travail d’orfèvre et sans se faire mal à la tête on entend très vite que le compositeur c’est pas juste un gus qui tripote un clavier.
Donc si vous êtes comme moi, et que régulièrement pris d’indulgence vous allez sur Deezer en vous disant « allé, je vais voir ce qui se fait de beau » et repartez toujours broucouille, tapé Odezenne et faites-vous kiffer. En général cette expérience se termine à la Fnac des Halles pour acheter le CD, qui par ailleurs est un véritable objet Beau.
(sa présentation ici : http://www.youtube.com/watch?v=4XJYyalZrYg)

L’Hymne National de Poneyland (V1)

Petit Poney a bien grandit
Petit Poney est devenu un bandit
Il braque des sites internet
Pour y foutre de la Poésie

Des tonnes de trucs gratuits
Des tas d’idées mal senties
Il ramène son cul d’animal
Et pète son absence de morale

Petit Poney a bien grandit
Petit Poney est devenu un bandit
Il flingue à tout bout de champs
Des petits mots pas méchants

Il cherche l’inspi dans le cul des vieilles
Dans la drogue et dans l’oseille
Car Petit Poney est vraiment très très riche
Il a des grosses bagnoles et des rimes riches

Petit Poney dans très très grande maison
Se fait mousser l’ego au savon
Et personne ne dit rien à cet’ animal
Mais en fait c’est normal,
Parce que…

Petit Poney à bien grandit !!
Petit Poney est devenu un bandit !!
Il braque des sites internet
Pour y foutre de la Poésie !!

Il foule de ses sabots bien lourds
Tous les trop grands discours
Qui n’ont aucun humour
Et ne parle pas d’amour

Mais sous ses pas poussent des fleurs
Qui bougent avec le froid et la peur
Qui s’ouvrent au soleil d’un sourire
Et embrassent ceux qui les font rirent

Petit Poney dans très très grande prairie
Cherche l’amour à l’infini
Avec ces moyens bizarres d’animal
Et tout c’est normal,
Parce que…

Même si Petit Poney à bien grandit
Et qu’Petit Poney est devenu un bandit
Bien caché tout au fond de lui
Petit Poney est toujours un gentil !! Yo !!

Oh Britney my Bitch – Dernier clip de Mme Spears

Vous l’avez sans doute déjà tous vu, vous avez sans doute déjà une opinion à ce sujet. Mais les Poneys, ardents aventuriers de l’actualité, toujours en quête du dernier truc qui sort et qui fait polémique, a prit son temps (tout juste 24h) avant de se ruer sur le nouveau clip de Britney Spears, Hold It Against Me.
Qui commence comme on s’y attend, c’est à dire mal, très mal. Des types sappés, coiffés, maquillés n’importe comment, s’agitent autour d’une Britney en manque d’énergie, la pauvre enfant après deux grossesses à bien du mal à nous envoyé la patate puérilo-kinky-incendiaire d’un Hit me baby.
Mais les Poneys ont le souci d’honnêteté et regarde toujours un clip jusqu’au bout. Ainsi on se tape les ENORMES logos qui défilent toutes les 20 secondes des sponsos de la mère Spears, endimanchée (ou engoncée) dans une robe de mariée sûr pas de chez Chanel, ses chorés mollassonnes en mode mini-short-cheum, les effets numérico-moderne mon boulle, et puis…
Fin du refrain, cassure, écrans noirs en alternance, réapparaissent à l’écran deux Soeurs Spears en train de se castagner la gueule, la chanson vire totale de bord, enchaînement d’images étranges et pour le coup réussies, le clip se barre en couille.
Le décors futuriste se fait défoncer la gueule à coup de peinture, Britney se pète la gueule dans tous les sens du terme. On note l’apparition de deux trois images hyper fugitives mais juste sale comme il faut, de la chanteuse époque collège (Baby on more time), le montage ultra accéléré supporte nickel les séquences ralenties de Britney en mode Street Fighters, très bonnes.
Ça se termine sur BS saturée en cuir, pas souple, un peu lourdode, un peu pute, un peu sale qui trouve sa voie dans un putisme décalé, un peu vulgaire mais finalement hyper juste par rapport à ces dernières années d’errance.
Niveau sonore, pas de surprise, on n’espère plus des retournements de cerveau à la Toxic. Ainsi à l’image du clip, le début de la chanson n’a aucun intérêt, et n’en prend un qu’à partir de ces fameuses 2 minutes et 30 secondes. Le rythme déstructuré, les sons ultra électroniques prennent le dessus sur la chanson, lui donnant une dimension inquiétante et inattendue.
Donc pour dire à ceux qui n’aurait pas tenu au-delà des 2 minutes 30 secondes, allez voir après, le meilleur est à venir. Voilà, c’est l’aveu du mois des Poneys, finalement on a bien aimé.
So please, encore un petit effort, Brit, and you’ll be back on track.

I’m In Love With Philippe Katerine – 52 reprises dans l’espace

À Poneyland nous écoutons de la musique (que nous pourrions qualifier de musique de Poney, mais rien d’exclusif, puisque des tas de gens non-poney l’écoute aussi).
En matière musicale, les goûts des Poneys divergent, cependant il arrive qu’un artiste supérieur arrive à rassembler les Poneys et c’est notamment chose faite grâce à TinNinNin !! Philippe Katerine.
Je ne parlerais pas ici du dernier album de l’artiste en question, que nous aimons beaucoup mais qui fut chroniqué à sa sortie par tant d’individus, que ça en deviendrait fatiguant de donner un avis de plus. D’autant qu’il est très fortement rare de lire un truc intéressant à propos de ce type dont, pour son malheur, on dit souvent : c’est de la merde, point et rien d’autre, ou bien c’est génial, point et rien d’autre.
Je vous parlerais ici des reprises qu’il réalisa en collaboration avec le groupe Francis et ses peintres. Celles-ci ne firent pas l’objet d’un album, ou d’un battage médiatique tapageur, elles furent simplement mises en ligne à l’adresse suivante : http://www.katerinefrancisetsespeintres.com/nuit.php.
Déjà le concept est bon, il est meilleur car elles ne le furent pas toutes en même temps, genre tiens bim dans la gueule, mais égrainées semaine après semaine, 52 au totale (soit un an). Donc 52 reprises dites «dans l’espace» (cf image du dessus), titre confirmant la bonnitude du concept.
En plus 52 reprises c’est beaucoup, ça ouvre un champ phénoménal quand aux différents registres musicaux abordés. Mais, et le beau mais, ils s’en sont tenu à ne reprendre que de la chanson française, et ça c’est bien. Parce que la chanson française, malgré les efforts de quelques artistes, va plutôt mal, ce qui conférait à leur tâche un aspect ardue, qui s’il est dépassé peut transformer tâche en tour de force.
Et du point de vue de Poney, le tour est joué.
Bon, bien sûr toutes les reprises ne sont pas également réussies, certaines s’extraient de la masse et brillent par leur originalité, la lumière nouvelle et différente qu’ils ont sur leur apporter, d’autres restent plus sagement divertissantes.
Et c’est là que Poney, lascivement installé dans un canapé s’est dit : « c’est tout de même incroyable qu’un type qui, à l’origine ne voulait pas chanter lui-même ses propres chansons, deviennent un interprète aussi génial… »
Et voilà que « l’homme qui ne voulait pas chanter » devient « l’homme qui en chantant sublime bien des textes ».
C’est dans l’interprétation que réside l’Art de la reprise, et bien de celles-ci dépassent leurs originaux sans hésitation. Prenez le temps d’en écouter plusieurs, dans cette bouche les mots apparaissent différemment. Que les textes soient kitschs, stupides, non-sensesque, ça résonne ici dans une autre dimension.
Et c’est sans oublier les orchestrations justes et décalées du groupe, de ses peintres d’ambiance musicale qui prennent des risques côté Déco, mais qui aussi bien souvent tape plus profond, grâce à un genre jazz-bossa-manouche-rock-pop-électro unique et merveilleux.
L’image au dessus de cet article est l’unique page du site KaterineFrancisetsesPeintres, avec en bonus des numéros qui vous indique les titres des chansons. Bien sur il est bon aussi de ses perdre au milieu de cette mer d’étoiles pour tomber à chaque fois sur une nouvelle surprise, mais pour les écoutes suivantes, voici un peu d’aide.
Je ne vous en dit pas plus de peur de me mettre à dire des conneries, du type : de toute façon c’est génial, point et rien d’autre.
En espérant vous avoir fait (re)découvrir quelque chose, et si oui que cela vous est donné du plaisir (sexuel ou pas).

Signé : Vos Serviteurs Déviants qui Disent Pute Tous les Deux Mots, Beaux Esclaves Sexuels Ténébreux.
Peace&Love/Poney

Ep.1

Hier je suis allé
Au supermarché
En trottinette
Parce que j’adore la trottinette.
Chemin faisant, j’aperçois au loin une silhouette
Juchée sur une sublime trottinette
Qui tanguait avec grâce.
Je me suis caché
Dans les fourrés
Pour la voir passer.
Sur la trottinette,
Ô miracle,
C’était ta mémé Josette.
Depuis j’aime ta Grand-Mère.

Turgescence lyrique


En partant m’égarer sur les bords du monde
J’ai découvert une toison d’or plus blonde que blonde
A sa vue doucement j’y ais blottis mon nez et ma bouche
Puis je l’ai étendue au sol pour en faire ma couche

Enlacé lascivement dans ces fils emmêlés
Ils me firent voir l’orient, les nuits tièdes d’humidité
Ils m’emplirent dans la nuit de l’Asie mineure
Des premiers sons suaves d’une étrange clameur

Parcourant la terre ronde nous en fîmes le tour
D’hémisphère en tropique toutes les rondeurs de son pourtour
Et à chaque fenêtre sombre nous entendions des soupirs
Et les cœurs qui grondent des douceurs du désir

Sous les plaisirs qui coulent comme l’huile sur la peau
Je voyais les flots d’ardeurs et l’écume de ces peaux
Orchestre vivant tambour battant des corps
Qui si ardemment s’affronte en duel, d’Amor

Le cœur battant à tout rompre caché parmi les fils
J’observais ce monde bouger au rythme gracile
Des ondes de ce chant qui font vibrer l’air d’indécentes cambrures
Et secoue l’espace de gémissements et de murmures

Tout le vivant réjouie de voir ses créatures laides ou belles
Chantant à l’unisson la sonate universelle
Et moi muette mal aimée emmitouflée dans mon linge
Bêtement je sentis monter dans ma gorge mon instinct de singe

Mais de ce beau chant ignorante de ces croches et de ces notes
Il ne sortit qu’un crie de jalousie du fin fond de ma glotte
Mon rêve prit fin dans ce hurlement déchirant
M’arrachant aux fils, aux soupirs et aux tambours battant

Ainsi ce ne fut que tes bras que je découvris ce matin
Tes bras trop grand trop lourd pesant sur mes seins
Mon front encore moite, je me tournais vers toi transpirante de désir
Mais tu me repoussa intrigué et tu fis encore bien pire

Quand en quelques mots tu m’infligea l’affront
En me disant pas ce matin chéri, popole a dit non
Je regarda popole les yeux baignés de mépris
Et posa sur la chose molle un baiser de dépit

Je quitta nos beaux draps aux roses de Damas
Dans l’espoir d’effeuiller les fleurs dans d’autres palaces
Jouer de la flûte, faire chavirer les archets
De violons plus vaillants à mes cordes veloutées

Et ce fut par une nuit clair, dormant à la chaleur des étoiles
Une de ces nuits ou l’air mêlé de lumière astrale
Fait du toit la chambre et envole tous vêtements
Et vous allonge impudique à la vue des quatre vents

Ce fut par cette nuit que me revint l’incroyable vision
Cependant au sommet du pic ou je découvris la toison
M’apparut cette fois un ange à la beauté fascinante
Aux ailes déployées et à l’allure parfaitement élégante

Son regard de braise paradoxe à la pureté de ses ailes
Le poids de sa puissance viril écrasa la chasteté charnelle
Alors l’ange merveilleux riant, jeta ses ailes blanches
Vînt se blottir contre ma bouche, balancer mes hanches

Riant à mon oreille jusqu’à ce que je ris moi-même
D’un rire rauque et grave, profond à aucun autre pareil
Et ce fut dans un même souffle rauque, chargé de vibrations
Que sans dire un mot, il ouvrit grand la porte de cette vision

Il planta dans mes yeux le pieu de son regard pénétrant
Tandis que se projetai dans ma pensée les images de l’autre continent
Je voyais surgir de tous bords des anges tel que lui dirigeant le monde
Tous enlacés dans les fils d’une toison d’or, plus blonde que blonde

Etendu sur le sol, mes jambes serrées autour de son bassin
Il m’embrassait si fort, sa poitrine écrasant mes seins
Je n’en sentais plus le poids, alors que son étreinte éclatante
Faisait vibrer mon corps d’émoi et mes lèvres suppliantes

Ainsi je m’endormais étendue sur le sol ma chevelure emmêlée
L’ange allongé sur moi comme retenu, à ma chaire enlacée.
Dans un demi sommeil je l’entendis murmurer au creux de mon oreille
De sa voix de basse les notes souples et langoureuses de la clameur universelle

Partage


Avec ma petite nièce
J’partage mes bonbeks
Avec personne
J’partage mes conquêtes
Avec le public
J’partage mes saucisses
Avec mes frelots
J’partage ma 8.6
Avec ma copine
J’partage mes tee-shirts
Avec mes frites
J’partage mon ketchup
Avec mes coups de rage
Je partage mes vengeances
Avec la musique
J’partage mes pas de danse
Avec mes clopes
J’partage ma santé
Avec mon planning
J’partage ma journée
Avec l’apéro
J’partage mes cacahuètes
Avec Clara Morgane
J’partage mes branlettes
Des fois avec ta meuf
J’partage mon 06
Avec un couteau
Je partage mon rosbif
Avec le soleil
Je partage mon ombre
Avec mes divisions
Je partage les nombres
Avec les pigeons
Je partage mon balcon
Avec mes ex
Je partage l’idée que je suis un sale con
Avec mon banquier
J’partage mes sous
J’partage plein de trucs
Plus ou moins fou…
Chou hibou cailloux chouchou trou fou fou
Là !
J’t’ai partagé ma folie
Avec les araignées
J’partage ma phobie
Avec Anna Nichol-Smith
J’partage mon Play-boy
Avec ton graff’
J’partage mon toy
Avec mon haleine de poney
J’partage un freedent
Avec le suspens
J’partage l’intriguant
Avec le connard
J’partage mes insultes
Avec ma teub
J’partage mon calbute
Avec les cons
Je partage mes théories
Avec les intelligents
Je partage ma bêtise
Avec les prisonniers
Je partage ma liberté
Avec les fachos
Je partage mon majeur dressé
Avec les chiens
Je partage le trottoir
Avec les piliers
J’partage le comptoir
Avec les clochards
Je partage ma monnaie
Avec vous
Je partage mes sonnets
Avoue choux hiboux cailloux chouchou trou fou fou toutou doudou rodoudou
Avec mon bug
J’partage ma rime en ou
J’partage plein de truc
Plus ou moins fou
Avec des choses
Qui partage des machins
Exemple
Avec le silence
J’partage la fin

Ma mère s’appelle Chita


Trop d’remue-méninges
au coeur des ménages
Allez ! Tournez manèges !
Et lavez donc votre linge

Moi j’descends du singe
Ma mère s’appelle Chita !
J’irais r’tracer le Gange
Si mes mains le pouvaient !

Si mes mains le pouvaient
J’aurais r’tracé ma vie,
‘Vec des variantes carrés
M’éloigner de la nuit

Mais dans l’fond je n’peux pas
M’éloigner d’ma galère
J’y ai aimé mes faux pas
J’y ai trouvé mes faux frères

Tu me montres du doigt
Moi je te tire la langue
Ma mélodie est une jungle
Courbe et douce comme une mangue

J’ai avalé l’noyaux
Ca m’donne une boule d’angoisse
File moi du tord boyaux !
Ca nettoie les sales poisses

Depuis le temps est passé
J’veux plus faire de détour
Ils m’ont escagassé
Avec leurs longs discours

J’en ai eu des mentors
J’leur ai brûlé la barbe
Avec des météores
Tout droit sortis d’la mienne

J’me sens dix fois plus fort
Maintenant que j’ai plus d’cartable
J’peux montrer qu’j’suis capable
Tout ça a ma façon

Je sais des fois j’suis con
Dis toi qu’des fois j’suis bon
Pas limité à buller
La bouche remplie de vent

Une chute en crescendo
Voila l’comble de tout ça
C’est pas l’histoire géo
Qui apprend le ch’val de troie

Demande à ma boite mail
Qui c’est qui leur apprend
Parle leur un peu d’Homer
Ils te sitent les Simpsons

Trop d’remue-méninges
Au coeur des ménages
Allez ! Tournez manèges !
Et lavez donc votre linge

Moi j’descends du singe
Ma mère s’appelle Chita
J’irais r’tracer le Gange
Si mes mains le pouvaient

Je ne suis pas un animale
Je ne suis suis qu’un mammifère
Mais mes ch’veux portent à confusion
Et mes yeux sont bien trop fiers

J’ai des traits de guenon
Tracés à la serpette
Je n’ai plus le même nom
Tout nu dans ma serviette

Des fois dans l’froid du soir
Mon nez est collé aux étoiles
Elles me content le temps
Et ballaient les effrois

Au grès d’un mauvais vent
J’ai perdu toute la flanelle
De mes p’tits yeux d’enfant
Une dent sur la marelle

Enlevé mon en-avant
Lesté d’mes mots savants
Dans les bulles de savon
Prédire ce que nous savions

J’ai fais voler les couleurs
J’men souviens qu’en délavé
Les belles heures
Avec le temps se sont comme dégradées

Egaré le goût des choses
Vogué dans l’passable
Emprunter le passage
Y tricoter les ecchymoses

L’ectoplasme blanc
M’a placé dans l’étaux
L’echo d’l’âme troublant
Vient frapper le creux des côtes

Paumer mon innocence
Une larme dans la rigole
Une larme coupée au sang
Un litre de vitriole

Un shaker détonnant
Remue dans mes méninges
Trop de remue ménage
Dans ce foutu manège

Moi j’descends du singe
Ma mère s’appelle Chita !
J’irais r’tracer le Gange
Si mes mains le pouvaient !

Coup de tête


C’est en allant m’éclater
La tête contre un mur
Que j’ai vus couler,
En fines rainures
Un liquide bizarre
Sans couleur ni odeurs
D’un petit trou dans mon crâne
Que j’avais pas tout à l’heure
Et ça fait Paf paf paf
La cervelle joue au milkshake
Clac clac clac
Plus que de la purée dans la tête
Le mur ne m’a rien dit
Parce que les murs n’ont qu’des oreilles
Le mur est rester muet
Muré dans ses groseilles
Il était tout couvert de lierre
Rampant sur sa colonne
Infiltré dans tous les pores
De sa peau de pierre
C’était un beau mur naturel
C’est pour ça que je l’ai choisi
Pour aller me faire tout le mal
Que j’avais pas envie
Et ça fait Clac clac clac
Encore trois petits coups
Crac crac crac
Et je ne sentiras plus rien du tout…
Le petit trou dans mon crâne
S’est changé en fossé
D’ou on voit tous les cadavres
De mes vieilles idées
Des tas de petits corps
Empilé pêle-mêle
Emmêlé de leurs torts
Aux blessures cruelles
Des mauvaise idées à la con
J’en ai eu des tonnes
De quoi refaire toutes les colonnes
Du fronton du parthénon
Elles ne sont jamais parties
Elles sont juste mortes
Quand je les aient tué
Pour éviter que tu partes
T’es partis quand même
Avec une autre fille
Qu’aimait moins les murs
Et les fosses communes à idée
Qui préférait la nature
Et les cours de récré
Me voilà au pied de la crevasse
Qui traverse mon crâne
Comme le fleuve Amour
Zig zag dans la taïga
Au pied de ma crevasse il fait aussi froid
Que sur les flancs du fleuve
Le fleuve est immobile
Figé par la glace
Raide… comme la colonne vertébrale
De ma grand-mère
Depuis qu’elle est tomber
Sans le faire exprès.
Au pied du fleuve, de ma fosse
Ou du chevet de ma grand-mère
Je regarde des petits tas de choses,
Des tas de corps morts
Bleu, jaunie, verdâtre,
Et au milieu un joli corps tout rose
Que je connais très bien.
Puisque ce corps-là c’est le tien.
Et à l’époque ça faisait :
Tu m’as aimé, je t’ai aimé,
Avec nos tête, avec nos corps
Je t’ai lassé, tu m’as quitté
Avec tes mots, puis avec tes pieds
Je t’ai pas oublié, tu t’es guéris
Avec des rires, avec des filles
Je t’ai haïs, je t’ai tué
Avec mon coeur, avec mon pistolet
Mon pistolet à fleur.
Je te vois encore si brillant
Alors que je t’ai tué il y a si longtemps
Je me souviens
Je t’avais mis contre mur
Nu et tremblant dans ta chaire
Tu cherchais autour de toi sans me voir
Et puis j’avais procédé à ton exécution sommaire
Dans la fraîcheur du matin,
Au couchant du soleil
Tu t’es étendu au sol
Et j’ai glissé à ton oreille
Mes derniers mots de nacre
Fragile coquillage…
Fracassés contre ton tympan
Aussi sourd qu’une oreille de mur
Muré dans les merveilles
Des mots des filles à la nature
Qui te décolle les pieds du plancher, qui t’envole
Qui t’ouvre toutes les portes avec des clés de sol
Retour au pied du mur,
De la fosse, du chevet de ma grand mère
Retour à ma tête contre le mur de pierre
Un beau mur naturel
Que j’ai choisis pour ça…
Le long du mur le lierre rampe toujours
Entre mes doigts s’échappe encore le fleuve Amour
Et ça fait… Clac clac clac
Encore trois coup
Crac crac crac
Et je sentirais plus rien du tout.